La valeur d'une poupée ancienne dépend surtout du fabricant, lisible dans la marque gravée sur la nuque, et de l'état de la tête en biscuit. Les poupées allemandes courantes (Armand Marseille 390, par exemple) et les SFBJ de série valent le plus souvent quelques dizaines à quelques centaines d'euros, alors qu'une Jumeau ou une Steiner de belle qualité dépasse couramment plusieurs centaines d'euros et qu'une Bru peut atteindre plusieurs milliers. Les vêtements et trousseaux d'origine, les yeux et la perruque d'origine et l'absence de fêle font monter la cote.
Repères
| Âge d'or | 1860-1930 pour les têtes en biscuit |
|---|---|
| Fabricants français | Jumeau, Bru, Steiner, Gaultier, SFBJ |
| Fabricants allemands | Simon & Halbig, Armand Marseille, Kestner, Kämmer & Reinhardt, Heubach |
| Où lire la marque | nuque, sous la perruque ; tampon parfois sur le corps |
| Poupée de collection française du XXe | Bleuette (Gautier-Languereau), Raynal, Petitcollin |
| Défaut majeur | le fêle de la tête en biscuit |
Soulever la perruque : lire la marque gravée sur la nuque
Les têtes de poupées en biscuit, porcelaine mate non émaillée, portent presque toujours une marque moulée à l'arrière de la tête ou sur la nuque : nom ou initiales du fabricant, numéro de moule, chiffre de taille, parfois « Made in Germany » ou « France ». Soulevez délicatement la perruque si elle n'est pas collée, sans tirer, et lisez à la lumière rasante.
Chez Jumeau, maison parisienne réputée, on trouve souvent un tampon rouge « Tête Jumeau » et des chiffres gravés ; le corps porte parfois un tampon de la marque. Bru signe « Bru Jne » ; Steiner utilise plusieurs marques selon les périodes. La SFBJ (Société française de fabrication de bébés et jouets), créée en 1899 par regroupement de fabricants dont Jumeau, marque « S.F.B.J. » suivie d'un numéro de moule, comme 60 ou 301 ; on lit aussi « Unis France » sur certaines têtes.
Côté allemand, Simon & Halbig signe « S & H » ou son nom complet avec un numéro de moule ; Armand Marseille signe « A.M. », le moule 390 étant de loin le plus répandu. Ces fabricants ont produit en très grandes séries pour toute l'Europe, ce qui explique des prix généralement plus modestes, à l'exception de certains modèles de caractère recherchés.
| Marque lue sur la nuque | Fabricant | Ordre de grandeur indicatif (bon état) |
|---|---|---|
| A.M. 390, Made in Germany | Armand Marseille | quelques dizaines à environ 200 € |
| S.F.B.J. 60 ou 301, Unis France | SFBJ, modèles de série | quelques dizaines à 300 € environ selon la taille |
| S & H ou Simon & Halbig, numéro | Simon & Halbig | 100 à quelques centaines d'euros selon le moule |
| Tête Jumeau, tampon rouge | Jumeau | plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros |
| Bru Jne | Bru | plusieurs milliers d'euros, davantage pour les beaux modèles |
Yeux, bouche, corps : ce qui distingue une belle poupée
Les yeux fixes en verre, profonds et nuancés, se rencontrent sur les poupées françaises de qualité ; les yeux dormeurs, montés sur un contrepoids qui les fait se fermer quand on couche la poupée, se généralisent ensuite. Des yeux d'origine bien centrés comptent davantage que leur type. Une bouche fermée signale souvent un modèle plus ancien et plus recherché qu'une bouche ouverte laissant voir de petites dents.
Le corps raconte aussi l'époque. Les « bébés » français portent un corps articulé en composition et bois ; les poupées dites parisiennes, ou poupées de mode du Second Empire, ont souvent un corps en peau et une tête-buste en biscuit, et figurent parmi les plus recherchées. Un corps d'origine, même usé, vaut mieux qu'un corps repeint ou d'une autre marque.
La perruque en mohair ou en cheveux naturels, la peinture des sourcils et des cils, la finesse du biscuit (rosé, sans points noirs ni coulures) achèvent le portrait. À la main, une tête de qualité se reconnaît à la précision du modelé et à la délicatesse du maquillage.
Fêles, restaurations, pièces rapportées : l'examen critique
Le fêle, fine fissure du biscuit souvent partie de l'œil ou du front, est le défaut qui fait le plus chuter la valeur. Pour le repérer, éclairez l'intérieur de la tête avec une petite lampe après avoir retiré la calotte : la fissure apparaît en ligne sombre. Une tête recollée ou repeinte en surface se trahit souvent sous une lumière ultraviolette.
Méfiez-vous des poupées dites « mariées » : tête et corps de marques ou d'époques différentes, yeux remplacés, perruque moderne. Ce montage n'est pas rare, il fait baisser le prix sans rendre la poupée invendable. Les élastiques détendus qui désarticulent les membres se remplacent facilement et ne déprécient pas la poupée.
Ne lavez jamais une tête en biscuit à l'eau chaude et ne frottez pas le maquillage : sourcils, joues et lèvres sont peints après cuisson et partent facilement.
Bleuette, Raynal, Petitcollin et poupées de costume
Bleuette est une petite poupée d'une trentaine de centimètres, offerte à partir de 1905 aux abonnées de La Semaine de Suzette, éditée par Gautier-Languereau, et produite jusqu'en 1960. Elle a été fabriquée notamment par la SFBJ, avec plusieurs têtes successives. Sa garde-robe, vendue par catalogue avec étiquette de l'éditeur ou cousue d'après les patrons du journal, intéresse autant les collectionneurs que la poupée : un trousseau d'origine complet peut peser autant que la poupée elle-même.
Les poupées Raynal, maison française fondée dans l'entre-deux-guerres, sont recherchées pour leurs premières productions en feutre au visage peint. Les poupées et baigneurs en celluloïd de Petitcollin, marqués selon les modèles d'une tête d'aigle moulée, se négocient le plus souvent quelques dizaines d'euros, davantage pour les grandes tailles et les vêtements d'origine. Le celluloïd craint la chaleur et se fendille : gardez ces poupées au frais.
Les poupées folkloriques en costume régional, rapportées de vacances entre les années 1930 et 1970, valent généralement peu, de quelques euros à quelques dizaines d'euros. Seules les pièces anciennes, finement habillées à la main ou d'un fabricant identifié, font exception.
- Trousseau en malle d'origine : présentez-le avec la poupée, jamais séparé.
- Étiquettes Gautier-Languereau cousues dans les vêtements de Bleuette : un plus net.
- Boîte d'origine d'une poupée de grande marque : rare et recherchée.
Faire estimer une poupée sans la dénaturer
Ne la déshabillez pas entièrement, ne recoiffez pas la perruque, ne recousez rien. Photographiez la marque de la nuque, l'ensemble de la poupée habillée et chaque élément du trousseau. Rassemblez accessoires, chaussures, chapeaux, malle et mobilier de poupée : vendus ensemble, ils se valorisent mutuellement.
Maison Lombard examine gratuitement les poupées et les jouets anciens à domicile, dans le 77, le 89 et le 21, avec une offre immédiate. Trains, voitures miniatures et jeux de société retrouvés dans la même malle relèvent de notre page pour vendre des jouets anciens, et les petites malles de voyage qui servaient de trousseau sont abordées dans notre guide sur la valeur d'une malle ancienne.
Les erreurs qui font perdre de la valeur
- Laver ou repeindre la têteLe maquillage d'origine, cuit en surface mais fragile, disparaît au premier frottement.
- Séparer la poupée de son trousseauLes vêtements d'origine font une part importante de la valeur, surtout pour Bleuette.
- Changer la perruque ou les yeuxUne poupée « refaite » perd la confiance des collectionneurs.
- Ranger une poupée en celluloïd près d'un radiateurLa matière se déforme, se fendille et peut se dégrader.
- Conclure d'après la seule tailleUne grande poupée n'est pas forcément la plus précieuse, la marque et l'état priment.
Les questions qu'on nous pose
Comment savoir si une poupée est en porcelaine ou en biscuit ?
Le biscuit est une porcelaine cuite sans émail, au toucher mat et légèrement satiné ; la plupart des têtes de poupées anciennes de qualité sont en biscuit. Une tête brillante est en porcelaine émaillée : ce sont les « têtes de porcelaine » du milieu du XIXe siècle, souvent allemandes, ou parfois des reproductions modernes.
Que vaut une poupée Armand Marseille 390 ?
C'est l'une des têtes de poupées anciennes les plus répandues au monde. En bon état, avec un corps d'origine, elle se négocie le plus souvent de quelques dizaines à environ 200 euros selon la taille, les vêtements et l'absence de fêle.
Comment reconnaître une vraie Bleuette ?
Regardez la nuque : les Bleuette portent des numéros de moule qui varient selon les époques, de la SFBJ puis d'Unis France notamment, et leur taille tourne autour de 27 à 29 centimètres. Les copies et les « sœurs » de taille voisine sont nombreuses, d'où l'intérêt d'un examen comparatif.
Une poupée ancienne sans vêtements a-t-elle de la valeur ?
Oui, si la tête est de bonne marque et intacte. Les vêtements d'origine ajoutent cependant beaucoup, et une poupée nue de série se vend nettement moins bien qu'une poupée habillée d'époque.
Les poupées de mes parents des années 60 valent-elles quelque chose ?
Les poupées en plastique de grande diffusion valent souvent quelques dizaines d'euros au plus. Certaines poupées de marque, complètes, en boîte d'origine ou avec leurs tenues, intéressent toutefois les collectionneurs.