La plupart des verres anciens isolés et des services en verre moulé valent peu, de quelques euros pièce à quelques dizaines d'euros pour un ensemble. Les verres soufflés du XVIIIe et du début du XIXe siècle, les verres gravés datés ou de mariage, les belles carafes et les caves à liqueur complètes se vendent de quelques dizaines à quelques centaines d'euros. Un service complet en cristal signé d'une grande maison, dans un modèle demandé, peut valoir plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros. Égrenures au buvant et verres ternis par le lave-vaisselle font beaucoup baisser les prix.
Repères
| Techniques | verre soufflé à la canne, verre moulé, verre pressé |
|---|---|
| Indices du soufflé | marque de pontil sous le pied, bulles, légère asymétrie |
| Cristal au plomb | au moins 24 % d'oxyde de plomb, dénomination réglementée |
| Décors | gravure à la roue, gravure à l'acide, taille, dorure |
| Défauts courants | égrenures, buvant meulé, verre terni |
| Valeur courante | quelques euros à quelques dizaines d'euros |
Soufflé ou moulé : la première question
Un verre soufflé est façonné à la canne par un verrier, puis tenu par une tige de fer, le pontil, pendant la finition. En le détachant, le verrier laisse sous le pied une cicatrice : la marque de pontil, rugueuse sur les verres courants, polie en creux sur les pièces soignées.
Le verre soufflé ancien présente aussi de petites bulles, des stries, une épaisseur irrégulière et une légère asymétrie : le pied n'est pas parfaitement plan, la coupe pas tout à fait centrée. Posé sur une feuille blanche, le verre des XVIIIe et XIXe siècles montre souvent une teinte grise, verte ou jaune.
Le verre moulé ou pressé, qui se répand au XIXe siècle avant d'être industrialisé, se reconnaît à ses lignes de jointure, fines arêtes laissées par les parties du moule, et à une régularité parfaite d'un verre à l'autre. Verres de bistrot épais, verres à moutarde et une bonne partie des services courants relèvent de cette catégorie.
| Indice | Verre soufflé ancien | Verre moulé ou pressé |
|---|---|---|
| Dessous du pied | marque de pontil, rugueuse ou polie | lisse, souvent parfaitement plan |
| Matière | bulles, stries, teinte légère | homogène, transparence uniforme |
| Forme | légère asymétrie | régularité parfaite |
| Surface | aucune jointure | fines lignes de jointure du moule |
| En série | verres tous un peu différents | verres identiques |
Les grandes cristalleries ont continué à souffler à la bouche au XXe siècle, avec des pontils soigneusement polis : un verre soufflé n'est donc pas forcément ancien.
Verres à pied, verres gravés et verres de mariage
Les verres à pied soufflés du XVIIIe et du début du XIXe siècle se reconnaissent à leur coupe fine, souvent conique ou en cloche, à leur jambe parfois ornée d'un bouton ou d'une torsade, et à leur pied large, légèrement bombé, parfois à bord replié. Isolés et sans décor, ils se vendent le plus souvent quelques dizaines d'euros, davantage pour les formes rares.
La gravure change la donne. À la roue, elle offre un relief doux et des dégradés subtils ; à l'acide, plus tardive, elle donne un dépoli régulier et un trait uniforme. Les verres gravés d'un prénom, d'initiales entrelacées, d'une date ou d'emblèmes (cœurs, colombes, outils de métier) témoignent d'un mariage ou d'une fête de famille.
Ces verres de mariage ou de baptême ont un vrai public. Un exemplaire daté, finement gravé et sans égrenure peut se vendre de quelques dizaines à quelques centaines d'euros selon l'ancienneté, l'inscription et la qualité du travail.
Carafes, carafons et caves à liqueur
Les carafes du XIXe siècle, soufflées et souvent taillées en côtes, en pointes de diamant ou en godrons, se vendent de quelques dizaines d'euros à une centaine pour les plus belles, davantage avec une signature de grande cristallerie. Le bouchon compte : rodé pour sa carafe, il porte parfois le même numéro gravé que le col.
Les carafons à liqueur valent surtout en série. La cave à liqueur Napoléon III, coffret en bois noirci, en palissandre ou en marqueterie de laiton qui renferme carafons et petits verres, est un cas à part : complète, avec serrure et clé, elle peut atteindre plusieurs centaines d'euros, l'ébénisterie comptant autant que la verrerie.
Un carafon isolé, une carafe au bouchon dépareillé ou au col ébréché ne vaut en revanche que quelques euros. Le dépôt blanchâtre laissé par l'eau ou le vin s'enlève parfois ; le voile d'un verre attaqué en profondeur, lui, est définitif.
Services de verres en cristal : quand la signature compte
Un service en cristal se reconnaît à sa transparence, à son poids et à sa sonorité : une pichenette sur le bord produit une note longue et claire. La dénomination cristal au plomb est réglementée et suppose au moins 24 % d'oxyde de plomb, mais un service non signé, même en cristal, reste d'une valeur modeste ; notre page vendre du cristal précise ce qui fait la différence.
Les services signés Baccarat, Saint-Louis, Daum ou Lalique forment un autre marché. Leur valeur dépend du modèle, du nombre de pièces, de l'homogénéité et de l'état des buvants : un service complet d'un modèle classique très demandé peut valoir plusieurs milliers d'euros, alors qu'un lot dépareillé se négocie au verre. Nos pages vendre du Baccarat et vendre du Saint-Louis détaillent les modèles.
Attention aux signatures : beaucoup de pièces anciennes de grandes cristalleries ne sont pas marquées, le marquage systématique n'étant venu qu'au cours du XXe siècle, et de fausses signatures gravées apparaissent sur du cristal ordinaire. Le style du modèle, la qualité de la taille et le poids aident à trancher.
| Ensemble | Ce qui fait la différence | Ordre de grandeur indicatif |
|---|---|---|
| Verre à pied soufflé XVIIIe-XIXe sans décor | forme, jambe, état du buvant | quelques dizaines d'euros |
| Verre gravé daté ou de mariage | inscription, finesse, ancienneté | quelques dizaines à quelques centaines d'euros |
| Carafe XIXe taillée | qualité de la taille, bouchon d'origine | quelques dizaines d'euros à une centaine environ |
| Cave à liqueur Napoléon III complète | coffret, marqueterie, verrerie au complet | plusieurs centaines d'euros, parfois davantage |
| Service en cristal non signé | nombre de pièces, homogénéité | quelques dizaines d'euros à une centaine environ |
| Service signé d'une grande cristallerie | modèle, complétude, buvants intacts | plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros |
| Verres de bistrot moulés | série, publicité ancienne éventuelle | quelques euros pièce |
Égrenures, buvants meulés et verres ternis
L'égrenure est le petit éclat au bord du verre ou du pied, souvent à peine visible. Passez lentement le doigt sur le buvant et sur le bord du pied : la moindre aspérité se sent. Sur un verre courant, elle ôte presque toute valeur ; sur un service de cristal, elle oblige à compter les verres intacts.
Pour effacer une égrenure, on a souvent meulé le buvant. Le verre devient alors un peu plus court que ses voisins, son bord plus épais ou plus plat. Alignez les verres d'une même série : une différence de hauteur trahit l'opération, qui déprécie la pièce sans la rendre invendable.
Le lave-vaisselle est l'ennemi du verre ancien et du cristal : il laisse un voile laiteux irréversible et peut fêler les pièces anciennes. Lavez à la main, à l'eau tiède, et séchez avec un torchon de lin.
Verres de bistrot et verres à absinthe
Les verres de bistrot épais, les verres à vin des cafés et les chopes moulées ont été fabriqués en masse : quelques euros pièce, un peu plus pour une série complète ou un verre publicitaire ancien d'une marque recherchée. Les verres à absinthe de la fin du XIXe siècle, avec leur réservoir qui marque la dose, ont un public de collectionneurs plus fourni, mais aussi beaucoup de reproductions.
Un verre à absinthe soufflé d'époque peut valoir quelques dizaines d'euros, davantage pour les modèles rares, et les cuillères à absinthe se collectionnent aussi. Méfiez-vous des verres parfaitement réguliers et sans usure, souvent récents.
Quand nous venons estimer une vaisselière, gratuitement et à domicile dans le 77, le 89 ou le 21, verres, carafes et services sont regardés ensemble, et l'offre peut reprendre aussi la verrerie courante. Pour la vaisselle qui l'accompagne, voyez notre page sur la vaisselle ancienne.
Les erreurs qui font perdre de la valeur
- Laver un service ancien au lave-vaisselleLe voile laiteux qui en résulte est définitif et fait perdre l'essentiel de la valeur.
- Croire qu'un verre lourd est forcément en cristalCertains verres épais sont simplement moulés en verre ordinaire.
- Se fier à une signature gravéeDe fausses marques existent, et beaucoup de pièces anciennes authentiques ne sont pas signées.
- Dépareiller un serviceUn ensemble complet et homogène se vend bien mieux que le même nombre de verres de modèles différents.
- Écarter un verre au pied irrégulierCette irrégularité peut justement signaler un soufflé ancien recherché.
Les questions qu'on nous pose
Comment savoir si un verre est ancien ?
Regardez sous le pied : une marque de pontil, de petites bulles, une légère asymétrie et une teinte grise ou verdâtre orientent vers un verre soufflé ancien. Des lignes de jointure et une régularité parfaite signalent plutôt un verre moulé. Les fines rayures circulaires d'usure sous le pied complètent l'examen.
Comment distinguer le cristal du verre ordinaire ?
Le cristal est plus lourd, plus brillant et sonne longuement quand on le frappe légèrement de l'ongle, là où le verre ordinaire rend un son bref. Ces indices ne remplacent pas l'identification du modèle et de la maison, qui fait la valeur réelle.
Que vaut un service de verres en cristal de grand-mère ?
S'il n'est pas signé, souvent quelques dizaines d'euros, rarement beaucoup plus d'une centaine pour un service complet. S'il s'agit d'un modèle identifiable d'une grande cristallerie, complet et sans égrenure, la valeur peut être bien plus élevée.
Une carafe sans bouchon a-t-elle encore de la valeur ?
Elle en perd beaucoup, car le bouchon d'origine fait partie de l'objet. Une carafe de grande cristallerie reste vendable à prix réduit ; une carafe ordinaire sans bouchon n'a plus qu'une valeur d'usage.
Les verres de mariage gravés se vendent-ils ?
Oui, surtout s'ils sont datés, nominatifs et finement gravés à la roue. Une paire complète intéresse généralement davantage qu'un verre isolé.