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Que vaut une montre à gousset ancienne ?

La montre de poche est l'objet de famille par excellence : celle du grand-père, reçue pour un certificat d'études, un mariage ou un départ en retraite. Sa valeur va de quelques euros à des sommes importantes, et trois questions suffisent souvent à la situer : de quel métal est le boîtier, que fait le mouvement, et qui l'a fabriqué.

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En bref

Une montre à gousset en métal ordinaire vaut le plus souvent de 10 à 50 euros, une montre en argent courante quelques dizaines d'euros, rarement plus de 100 à 150 euros sans signature ni complication. Une montre en or vaut au minimum le poids d'or de son boîtier, au cours du jour, ce qui la place déjà nettement au-dessus. Au-delà, ce sont les complications (répétition, chronographe, quantième), une grande signature horlogère et l'état du cadran et du mouvement qui peuvent porter le prix à plusieurs milliers d'euros.

Repères

Période principaleXIXe siècle et première moitié du XXe
Boîtiersor 18 ou 14 carats, argent, métal argenté, acier, nickel
Remontagesurtout à clé avant 1870-1880 environ, puis au remontoir
Cadransémail blanc, émail peint, argent guilloché, métal
OriginesSuisse surtout, France (Besançon, Paris), Angleterre, États-Unis
Valeur plancher en orpoids d'or fin du boîtier au cours du jour

Or, argent ou métal : la première question

Le boîtier fixe le socle de la valeur. Une montre en métal (nickel, acier bleui, laiton, métal argenté ou plaqué or) ne vaut que par son mouvement et sa marque ; la plupart se vendent quelques dizaines d'euros au plus. Le plaqué or, souvent marqué « plaqué », « doublé » ou « gold filled » sur les montres américaines, n'a pas de valeur métal significative.

Une montre en argent, à un titre compris le plus souvent entre 800 et 935 millièmes, garde une petite valeur métal, mais le poids d'argent d'un boîtier est faible. Les montres de gousset en argent courantes se vendent le plus souvent entre 20 et 100 euros, davantage si elles sont signées ou compliquées.

Une montre en or, généralement à 18 carats (750 millièmes) en France et souvent à 14 carats (583 ou 585 millièmes) pour les montres suisses, a une valeur plancher : le poids d'or de son boîtier, de la cuvette et parfois de la bélière, calculé au cours du jour. On retire le mouvement, le verre et le cadran, qui ne contiennent pas d'or, avant de peser. Ce plancher n'est qu'un point de départ pour une belle montre.

ConfigurationCe qui fait le prixOrdre de grandeur indicatif
Montre en métal, mouvement courantétat, marque éventuelle10 à 50 euros
Montre en argent, sans complicationpoinçons, cadran, marche20 à 100 euros, un peu plus si signée
Montre de chemin de fer ou de précisionmarque, réglage, état50 à 300 euros
Montre en or, mouvement courantpoids d'or du boîtier au cours du jourvaleur du métal, parfois un peu au-delà
Montre en or signée d'une grande maisonmarque, état, papiers, écrinnettement au-dessus du poids d'or
Répétition, chronographe, quantièmecomplication, état de marche, signaturequelques centaines à plusieurs milliers d'euros

Lire les poinçons sous la cuvette

Ouvrez le fond de la montre : une cuvette intérieure protège souvent le mouvement, et c'est là, ou à l'intérieur du fond, que se trouvent les poinçons. Une loupe et une bonne lumière suffisent pour une première lecture.

Sur les montres françaises en or, on rencontre la tête d'aigle (or à 750 millièmes, Paris puis toute la France à partir de 1919) et, pour les départements avant 1919, la tête de cheval. Les poinçons de garantie français sont parfois minuscules, frappés à côté d'un poinçon de maître en losange.

Sur les montres suisses, beaucoup plus nombreuses, les poinçons fédéraux introduits à partir de 1882 indiquent le titre : tête d'Helvétie pour l'or 18 carats, écureuil pour le 14 carats, ours pour l'argent à 875 millièmes, coq de bruyère pour l'argent à 800 millièmes. Des chiffres comme 0,750, 0,583 ou 0,585, 0,800 ou 0,935 complètent souvent la lecture.

Méfiez-vous des mentions trompeuses comme « 18K plaqué », « métal blanc » ou « argentan », et des montres dont seule la cuvette est en argent ou en or. Un essai à la pierre de touche ou au testeur lève le doute en quelques minutes.

Pour un inventaire plus large des poinçons d'argent, notre guide des poinçons français présente les marques les plus fréquentes.

À clé ou à remontoir : dater sa montre

Les montres les plus anciennes se remontent et se mettent à l'heure avec une petite clé, introduite dans un trou du cadran ou du fond. Le remontoir, c'est-à-dire la couronne qui remonte le ressort et met à l'heure, se généralise dans le dernier tiers du XIXe siècle. Une montre à clé est donc généralement plus ancienne, sans être forcément plus chère.

Les montres à verge et à coq ciselé du XVIIIe siècle, dont les plus anciennes et les plus bombées sont surnommées « oignons », intéressent les collectionneurs, surtout signées et en état. Les montres à clé courantes du XIXe siècle, en argent, restent abordables.

Un mouvement à ancre, réputé plus précis, et un nombre de rubis élevé (15 ou 17 rubis par exemple, gravés sur la platine) signalent une fabrication soignée, sans constituer à eux seuls un critère de valeur forte.

Complications et grandes signatures horlogères

La répétition sonne l'heure à la demande grâce à un poussoir ou un verrou sur la carrure : répétition des quarts ou des minutes, cette dernière étant la plus complexe et la plus recherchée. Le chronographe se reconnaît à son poussoir de mise en marche et à son aiguille de trotteuse centrale. Le quantième affiche la date, parfois le jour, le mois et les phases de lune.

Une complication en état de marche peut multiplier la valeur d'une montre, surtout dans un boîtier en or. Une complication bloquée ou incomplète coûte cher à réparer, ce qui pèse fortement sur l'offre.

Les grandes maisons suisses, Patek Philippe, Vacheron Constantin, Audemars Piguet, Breguet ou Jaeger-LeCoultre, font l'objet d'une demande soutenue. Longines, Omega, Zenith, IWC ou Ulysse Nardin sont aussi bien suivies, de même que les fabrications de Besançon et les montres françaises de qualité, comme celles de la maison Lip. La marque se lit sur le cadran, mais doit se retrouver gravée sur le mouvement : un cadran signé sur un mouvement anonyme est un signal d'alerte.

Cadran émail, verre, aiguilles : l'état qui compte

Le cadran en émail blanc à chiffres romains ou arabes est le plus répandu. Il s'abîme facilement : fêlures en étoile, éclats autour des trous de remontage ou de l'axe, réparations à la résine. Un cadran intact peut valoir plus qu'un détail de marque, car il est très difficile de le restaurer sans que cela se voie.

Les cadrans en émail peint, guillochés ou à décor, les cadrans d'argent ciselés et les aiguilles d'origine en acier bleui ajoutent de l'intérêt. Des aiguilles dépareillées ou un verre fendu sont des défauts mineurs, faciles à corriger.

Ne faites pas réviser la montre avant de la vendre : une révision complète coûte souvent plus que la valeur d'une montre courante. Maison Lombard examine les montres de poche gratuitement à domicile, dans le 77, le 89 et le 21, ouvre le boîtier devant vous, lit les poinçons et pèse l'or le cas échéant avant de faire une offre immédiate ; la page vendre une montre ancienne détaille notre façon de faire.

Les erreurs qui font perdre de la valeur

  1. Confondre plaqué or et or massif« doublé », « plaqué » ou « gold filled » ne contiennent pas d'or au sens commercial.
  2. Jeter la chaîne ou la cléUne giletière en or ou en argent a sa propre valeur, et la clé d'origine complète une montre ancienne.
  3. Faire polir le boîtierLe polissage efface les gravures, les poinçons et une partie du métal.
  4. Forcer l'ouverture avec un couteauOn raye la cuvette et on abîme la charnière ; un ongle ou un outil adapté suffit.

Les questions qu'on nous pose

Comment savoir si ma montre à gousset est en or ?

Cherchez les poinçons à l'intérieur du fond ou de la cuvette : tête d'aigle ou tête de cheval en France, tête d'Helvétie ou écureuil en Suisse, ou des titres comme 0,750 ou 0,585. Les mentions « plaqué », « doublé » ou « gold filled » indiquent l'absence d'or massif. Un essai au testeur confirme en quelques minutes.

Combien vaut une montre de gousset en argent ?

Le plus souvent entre 20 et 100 euros pour une montre courante. Une signature réputée, une complication, un beau cadran émail ou une montre ancienne à coq ciselé peuvent la faire monter au-delà.

Une montre à gousset qui ne marche plus a-t-elle de la valeur ?

Oui. Le métal du boîtier reste, et un mouvement de qualité se répare. L'arrêt pèse surtout sur les montres compliquées, dont la réparation coûte cher.

Qu'est-ce qu'une montre à répétition ?

C'est une montre qui sonne l'heure à la demande, souvent les heures et les quarts, parfois les minutes, quand on actionne un poussoir ou un verrou sur la carrure. C'est une complication recherchée, surtout en état de marche.

Faut-il vendre la chaîne avec la montre ?

Pas forcément. Une chaîne de montre en or ou en argent a sa propre valeur et s'estime séparément. Montrez-la avec la montre : l'ensemble est souvent plus parlant, et chaque élément est valorisé.

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