Le mot « louis d'or » recouvre deux pièces très différentes. Dans l'usage courant, c'est le 20 francs or des XIXe et XXe siècles, qui contient 5,806 g d'or fin et se négocie au cours de l'or plus une prime. Au sens strict, c'est la monnaie d'or royale frappée de 1640 à la Révolution, de Louis XIII à Louis XVI : sa valeur relève du marché numismatique (règne, type, atelier, état) et dépasse le plus souvent, parfois très largement, celle de l'or qu'elle contient.
Repères
| Création | 1640, sous Louis XIII |
|---|---|
| Fin des frappes royales | sous Louis XVI, à la Révolution |
| Titre théorique | 22 carats, environ 917 ‰ |
| Poids | environ 6,5 g à un peu plus de 8 g pour la plupart des types |
| Premier graveur | Jean Warin |
| Multiples | double louis, demi-louis |
| Sens courant du mot | pièce de 20 francs or (6,45 g, 5,806 g d'or fin) |
Un mot, deux monnaies
Au sens historique, le louis d'or est la monnaie d'or des rois de France, créée en 1640 sous Louis XIII et frappée jusqu'à la Révolution. Sa légende est en latin, l'effigie est celle du roi, et la valeur en livres ne figure généralement pas sur la pièce : elle était fixée par édit.
Dans l'usage courant, « louis » désigne aussi la pièce de 20 francs or frappée de 1803 à 1914, que l'on appelle tout autant napoléon. Celle-ci porte en toutes lettres la mention 20 FRANCS, une légende en français et l'effigie d'un souverain ou un symbole républicain. Son poids est fixe : 6,45 g à 900 ‰, soit 5,806 g d'or fin.
Pour savoir ce que vous avez, il suffit souvent de lire la pièce. Une légende latine du type LUD. XV D. G. FR. ET NAV. REX signe un louis royal ; la mention 20 FRANCS renvoie à notre guide sur la valeur du napoléon.
Les louis royaux, règne par règne
Le louis d'or est né de la réforme monétaire de 1640, avec une effigie de Louis XIII gravée par Jean Warin. Pendant un siècle et demi, il a été refondu, réévalué et redessiné au gré des besoins du Trésor, si bien que son poids se situe, pour la plupart des types, entre 6,5 g et un peu plus de 8 g, certaines émissions de la Régence étant nettement plus lourdes, pour un titre théorique de 22 carats.
Il existe aussi des doubles louis et des demi-louis, ainsi que des pièces dites réformées sous Louis XIV : d'anciens louis refrappés avec un nouveau type, sur lesquels on devine parfois des traces de la gravure précédente. Ces détails, invisibles pour un œil non averti, comptent beaucoup pour un collectionneur.
Le tableau ci-dessous ne dit rien de la rareté de tel ou tel millésime : elle dépend de l'atelier, de l'année et parfois d'un différent, et se vérifie au cas par cas.
| Règne | Types que l'on rencontre | Ce qui retient l'attention |
|---|---|---|
| Louis XIII | Premiers louis, à partir de 1640 | Pièces peu fréquentes dans les familles, gravure de Jean Warin |
| Louis XIV | À la mèche longue, aux quatre L, aux huit L, au soleil, parmi d'autres | Réformations visibles, grande diversité de types et d'ateliers |
| Louis XV | Louis Mirliton, louis aux lunettes, louis au bandeau | Types bien représentés sur le marché numismatique |
| Louis XVI | Louis aux écus accolés après la réforme de 1785, louis constitutionnel de 1792 | Louis aux écus accolés frappé en grand nombre |
Pourquoi un louis royal ne se négocie pas au poids
Un louis de l'Ancien Régime contient de l'or, et cette valeur métal constitue un plancher. Mais ce n'est presque jamais elle qui fixe le prix : la pièce a plus de deux siècles, elle est recherchée par des collectionneurs, et son prix se forme sur le marché numismatique, comme celui d'un objet d'art.
Quatre critères dominent : le règne et le type, l'atelier (signalé par une lettre au revers, A pour Paris, mais de nombreux ateliers provinciaux ont frappé des louis), l'état de conservation, et la qualité de la frappe elle-même, car les flans étaient parfois irréguliers ou mal centrés.
Pour un type courant en état moyen, la prime au-dessus de l'or est réelle mais mesurée. Pour un exemplaire superbe, un type rare ou un atelier peu productif, l'écart peut devenir considérable. C'est pourquoi un prix sérieux ne se donne pas sans voir la pièce, la peser et la comparer aux références.
- Trou, bélière ou trace de soudure d'une ancienne monture
- Pièce pliée, rognée ou limée sur la tranche
- Nettoyage, polissage, brillant artificiel
- Rayures profondes ou chocs sur l'effigie
Copies, faux d'époque et pièces remontées
Le louis d'or a été contrefait de son vivant : des faussaires frappaient ou coulaient des pièces en alliage doré, et certains de ces faux d'époque circulent encore. On rencontre aussi des copies modernes, souvent coulées, reconnaissables à leur surface légèrement granuleuse, à leurs lettres molles et parfois à une trace de jointure sur la tranche.
Le poids reste un bon premier filtre, à condition de connaître la référence du type concerné, puisque les louis n'ont pas tous le même poids. Le diamètre, la couleur de l'or, la netteté des grènetis et le style de la gravure complètent l'examen. Comme pour toute pièce d'or, l'aimant n'apporte qu'une indication négative : il écarte les faux magnétiques, pas les autres.
Dernier cas fréquent : le louis monté en broche ou en pendentif, puis démonté. Les traces de soudure ou de griffes sur la tranche se voient à la loupe et font passer la pièce dans une autre catégorie de prix.
Ne cherchez pas à raviver un louis terni. Sur une monnaie de collection, la patine fait partie de la pièce ; un nettoyage, même doux, efface des détails et retire l'essentiel de la valeur numismatique.
Faire estimer et vendre un louis d'or
Un louis royal se juge à la loupe et à la balance, catalogues de référence à portée de main. Nous l'examinons devant vous lors d'une expertise gratuite à domicile, dans le 77, le 89 ou le 21, et l'offre distingue clairement la valeur de l'or et la part de collection. Pour un ensemble plus large, notre page sur les pièces de monnaie anciennes détaille ce que nous regardons.
Fiscalement, tout dépend de la pièce. Un 20 francs or, frappé après 1800, relève par défaut de la taxe forfaitaire sur les métaux précieux de 11,5 % du prix de cession ; avec une preuve de la date et du prix d'acquisition, l'option pour le régime des plus-values reste ouverte : imposition du gain, réduite de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième, et nul au-delà de 22 ans. Un louis royal, antérieur à 1800, n'est pas traité comme un métal précieux mais comme un objet de collection, dont le régime dépend aussi du montant de la vente. Nous indiquons le régime applicable au moment de la transaction, sans conseil personnalisé.
Comme pour tout achat d'objet d'occasion, la transaction est inscrite au registre réglementaire et une pièce d'identité vous est demandée. Le paiement est immédiat et sécurisé. Pour le déroulé complet d'une vente de pièces d'or, voyez aussi notre page dédiée.
Les erreurs à éviter avec vos pièces
- Prendre un louis royal pour un napoléonLe vendre au seul cours de l'or revient à abandonner sa valeur de collection.
- Le faire brillerPolissage et produits pour bijoux détruisent la surface d'origine, que les collectionneurs recherchent avant tout.
- Démonter soi-même un louis sertiLa pince et le fer à souder laissent des marques irréversibles, mieux vaut le présenter tel quel.
- Juger sur le seul poidsLes louis de règnes différents n'ont pas le même poids, et un faux peut avoir été lesté.
Vos questions sur ces pièces
Combien d'or contient un louis d'Ancien Régime ?
Cela dépend du règne et de la réforme en vigueur : la plupart des types pèsent entre 6,5 g et un peu plus de 8 g, pour un titre théorique de 22 carats. Le calcul exact se fait à partir du type identifié. Dans tous les cas, la valeur d'un louis royal dépasse le plus souvent celle de son or.
Un louis troué a-t-il encore de la valeur ?
Oui, au moins celle de son or, et parfois un peu plus si le type est rare. Mais le trou fait perdre l'essentiel de la prime de collection, car un collectionneur cherche des pièces intactes.
Faut-il faire certifier un louis avant de le vendre ?
Ce n'est pas nécessaire. Un examen par un professionnel, pièce en main, suffit à identifier le type, vérifier l'authenticité et situer l'état. La mise sous coque certifiée se justifie surtout pour des exemplaires exceptionnels.
Qu'est-ce qu'un double louis ?
C'est un multiple du louis, de valeur et de poids doubles, frappé sous plusieurs règnes. Moins courant que le louis simple, il est recherché en bel état. Le demi-louis existe aussi, plus petit et plus léger.
Pourquoi appelle-t-on « louis » une pièce de 20 francs ?
Parce que le 20 francs or a pris, au XIXe siècle, la place qu'occupait le louis dans les bourses et dans le vocabulaire. L'habitude de dire « un louis » pour une pièce d'or de cette taille est restée, au point que les deux mots se confondent encore dans les successions.