Un napoléon de 20 francs or contient 5,806 g d'or fin, pour un poids total de 6,45 g au titre de 900 ‰. Sa valeur de base est celle de ce poids d'or au cours du jour, à laquelle s'ajoute une prime de marché qui varie selon la demande. Les exemplaires en très bel état, certains types anciens et quelques millésimes ou ateliers à faible tirage valent nettement plus que le métal. Une pièce usée, rayée ou montée en bijou se négocie pour son or.
Repères
| Poids | 6,45 g |
|---|---|
| Titre | 900 ‰ (21,6 carats) |
| Or fin | 5,806 g |
| Diamètre | 21 mm |
| Période de frappe | de l'an XI (1803) à 1914 |
| Valeur faciale | 20 francs |
| Standard | franc germinal, repris par l'Union latine en 1865 |
De quoi est fait le prix d'un napoléon
Le point de départ est arithmétique : 5,806 g d'or fin multipliés par le cours du gramme d'or ce jour-là. Ce cours se fixe en dollars par once sur les marchés internationaux, puis se convertit en euros : il bouge chaque jour ouvré, et la valeur d'un napoléon avec lui.
S'y ajoute la prime, c'est-à-dire l'écart entre le prix de la pièce et la valeur de son or. Le napoléon est un placement traditionnel en France, facile à revendre et à fractionner : cette demande fait exister une prime, qui se resserre quand les vendeurs affluent et s'élargit dans les périodes d'inquiétude. Les professionnels du marché de l'or publient chaque jour des cotations du napoléon qui permettent de suivre cette prime.
Vient enfin, pour une minorité de pièces, la valeur numismatique : un exemplaire exceptionnellement conservé, un type ou un millésime recherché par les collectionneurs se vendent au-dessus de la cotation courante. C'est cette troisième couche qui justifie de faire examiner les pièces une à une plutôt que de les céder en vrac.
Du Premier Consul au coq : les effigies successives
Le 20 francs or naît avec le franc germinal en 1803 et reste frappé, avec des interruptions, jusqu'à la Première Guerre mondiale. Chaque régime y a placé son effigie ou son symbole, d'où une grande variété de types pour un poids et un titre qui, eux, ne changent jamais. Pour la valeur métal, le type est indifférent : un napoléon de Charles X contient exactement autant d'or qu'un Coq de 1910.
Pour la valeur numismatique, en revanche, le type compte. En règle générale, les règnes courts ou anciens ont produit moins de pièces, qui ont aussi davantage circulé : un bel exemplaire du Premier Empire ou de Charles X se trouve moins facilement qu'un Génie de la IIIe République.
Parmi les types que l'on rencontre le plus dans les familles figurent le Génie et la Marianne de Chaplain ; cette dernière pose des questions de tranche et de refrappes que nous détaillons dans notre page sur la 20 francs or Marianne au coq.
| Type | Période | Repère pour l'identifier |
|---|---|---|
| Bonaparte Premier Consul | 1803-1804 (an XI, an XII) | Légende BONAPARTE PREMIER CONSUL, datation révolutionnaire |
| Napoléon Ier tête nue | 1804-1807 | Légende NAPOLÉON EMPEREUR, revers RÉPUBLIQUE FRANÇAISE |
| Napoléon Ier tête laurée | 1807-1815 | Couronne de laurier, revers EMPIRE FRANÇAIS à partir de 1809 |
| Louis XVIII | 1814-1824 | Buste habillé en 1814-1815, tête nue ensuite, écu fleurdelisé |
| Charles X | 1825-1830 | Tête nue, écu de France couronné |
| Louis-Philippe Ier | 1830-1848 | Tête nue puis laurée, valeur dans une couronne |
| IIe République | 1848-1852 | Génie de Dupré, puis Cérès et Louis-Napoléon président |
| Napoléon III tête nue | 1853-1860 | Légende NAPOLÉON III EMPEREUR, tête sans couronne |
| Napoléon III tête laurée | 1861-1870 | Tête laurée, armes impériales au revers |
| IIIe République, Génie | 1871-1898 | Génie ailé gravant la Constitution |
| IIIe République, Coq | 1899-1914 | Marianne de Chaplain, coq au revers |
État, atelier, millésime : quand la pièce vaut plus que son or
L'état de conservation se décrit sur une échelle partagée par les numismates : B, TB, TTB, SUP, SPL, FDC. Un napoléon qui a circulé, aux reliefs adoucis, se range souvent en TB ou TTB et suit la cotation courante. Un exemplaire SUP ou mieux, aux cheveux encore détaillés et au champ sans choc, attire les collectionneurs.
Sur la pièce figure aussi une lettre d'atelier : A pour Paris, BB pour Strasbourg, K pour Bordeaux, entre autres. Au XIXe siècle, plusieurs ateliers frappaient en parallèle, et certaines combinaisons d'atelier et de millésime n'ont été produites qu'en petit nombre. Plutôt qu'une liste toute faite, nous vérifions chaque pièce dans les catalogues de référence avant de faire une offre.
À l'inverse, une pièce percée, soudée à une bélière, rayée ou nettoyée perd sa dimension de collection. Elle redevient un simple poids d'or. Pour les ensembles plus variés, notre page consacrée aux pièces de monnaie anciennes présente ce que nous examinons.
Ne nettoyez jamais un napoléon, même terni ou taché. Un chiffon, une gomme ou un produit pour bijoux laissent des micro-rayures qu'un collectionneur repère immédiatement, et la prime de collection disparaît avec elles.
Faux napoléons : les repérer avant qu'ils ne coûtent cher
Le napoléon a été contrefait dès le XIXe siècle et l'est encore. Les faux les plus grossiers sont en laiton ou en cuivre doré : leur poids, leur couleur et leur son les trahissent vite. Plus insidieux, certains faux ont été frappés en or véritable, parfois au bon titre, pour encaisser la prime : la valeur métal est là, pas la valeur de la pièce, et c'est souvent la gravure qui les trahit (lettres empâtées, cheveux sans finesse, champ granuleux).
La première vérification est la balance : 6,45 g pour une pièce peu circulée, quelques centièmes de moins pour une pièce très usée. Viennent ensuite le diamètre de 21 mm, l'épaisseur, la netteté de l'inscription de tranche et le tintement, long et clair pour un or à 900 ‰, plus mat pour un alliage commun.
Le test de l'aimant est utile mais ne suffit jamais : l'or n'est pas attiré, mais le laiton, le cuivre ou le tungstène ne le sont pas davantage. Une pièce qui colle à l'aimant est fausse ; une pièce qui n'y colle pas n'est pas prouvée vraie pour autant.
Vendre des napoléons : déroulé, fiscalité, formalités
Lors d'une vente de pièces d'or avec nous, chaque napoléon est pesé et contrôlé devant vous, puis l'offre est détaillée pièce par pièce : ce qui suit le cours de l'or, ce qui porte une prime de collection. L'expertise est gratuite et se fait à domicile dans le 77, le 89 et le 21 ; si vous acceptez l'offre, le paiement est immédiat et sécurisé.
Côté fiscal, la cession de pièces d'or relève par défaut de la taxe forfaitaire sur les métaux précieux, soit 11,5 % du prix de cession, que l'acheteur professionnel retient et reverse pour vous. Si vous pouvez justifier la date et le prix d'acquisition (facture, bordereau d'achat, déclaration de succession), vous pouvez opter pour le régime des plus-values : imposition du gain (impôt et prélèvements sociaux), avec un abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième, et une exonération totale au-delà de 22 ans.
La loi impose enfin à tout professionnel qui achète des objets d'occasion de tenir un registre réglementaire : une pièce d'identité en cours de validité vous sera demandée, et la transaction donne lieu à un bordereau détaillé.
Les erreurs à éviter avec vos pièces
- Frotter les pièces pour les faire brillerLe moindre nettoyage raye la surface et transforme une pièce de collection en simple poids d'or.
- Céder tout le lot au même prix unitaireUn type ancien ou un exemplaire superbe peut se cacher parmi des Coq ordinaires, et seule une estimation pièce par pièce évite de le brader.
- Comparer avec un prix de vente affiché en ligneUne cotation de vente inclut la marge du vendeur et ne correspond pas au prix auquel un professionnel rachète.
- Se fier à l'aimant seulIl élimine les faux magnétiques, pas les autres.
- Manipuler à mains nues des pièces restées en rouleauLes traces de doigts et les frottements marquent les fonds des exemplaires les plus frais.
Vos questions sur ces pièces
Combien de grammes d'or contient un napoléon ?
Un napoléon de 20 francs contient 5,806 g d'or fin. La pièce pèse 6,45 g au total, car l'or y est allié à 10 % de cuivre pour la rendre plus résistante. C'est ce poids d'or fin, et non le poids total, qui sert de base au calcul de sa valeur.
Un napoléon à l'effigie de Napoléon III vaut-il plus qu'un Coq ?
Pas forcément. Les deux contiennent exactement la même quantité d'or, et les exemplaires courants des deux types suivent la même cotation. L'écart se fait sur l'état de conservation et, pour certains millésimes et ateliers, sur la rareté : c'est au cas par cas.
Les 20 francs belges, italiens ou suisses valent-ils autant ?
Pour l'or, oui : les pays de l'Union latine frappaient leurs pièces au même standard, 6,45 g à 900 ‰. Un 20 lire italien, un 20 francs belge ou un Vreneli suisse contiennent donc 5,806 g d'or fin, la prime de marché pouvant légèrement différer.
Un napoléon monté en pendentif garde-t-il sa valeur ?
Il garde la valeur de son or, mais généralement plus sa prime de collection : la monture, la soudure ou la bélière ont laissé des traces. La monture, si elle est en or, est estimée séparément selon son titre.
Peut-on vendre une partie de ses napoléons seulement ?
Oui, c'est même l'un des atouts de la pièce. Chaque napoléon se vend à l'unité et l'offre est faite pièce par pièce : vous pouvez en céder quelques-uns et conserver les autres.