Un bijou fantaisie ancien prend de la valeur quand il est signé d'une maison de couture ou d'un créateur recherché (Chanel, Dior, Yves Saint Laurent, Christian Lacroix, Line Vautrin, Miriam Haskell, Trifari), quand sa fabrication est soignée (strass sertis, pâte de verre, bakélite sculptée) et quand il est en bon état. Les pièces signées se vendent le plus souvent de quelques dizaines à quelques centaines d'euros, et certaines créations de couture ou de Line Vautrin vont bien au-delà. Le fantaisie récent et non signé vaut en général quelques euros et se vend au lot. Avant tout, cherchez les poinçons : un bijou en or ou en argent égaré parmi le fantaisie est fréquent.
Repères
| Définition | bijou en métal non précieux, verre, strass, résine ou matière plastique |
|---|---|
| Signatures recherchées | Chanel, Dior, Yves Saint Laurent, Lacroix, Line Vautrin, Haskell, Trifari |
| Où lire la signature | plaquette près du fermoir, revers de broche, dos de clip d'oreille |
| Matières anciennes | strass, pâte de verre, galalithe, bakélite, métal doré ou chromé |
| Tout-venant | non signé, années 1970 à 2000 : vendu au lot |
| À vérifier d'abord | poinçons d'or et d'argent cachés dans le lot |
Signé ou anonyme : la première ligne de partage
Dans le bijou fantaisie, la signature fait l'essentiel du prix. Elle se trouve sur une petite plaquette soudée près du fermoir, frappée au revers d'une broche ou au dos d'un clip d'oreille, parfois avec le pays de fabrication. Elle est souvent minuscule ou usée : prenez une loupe.
Les maisons de couture françaises ont fait du bijou fantaisie un accessoire de mode à part entière. Chanel a popularisé le genre dans l'entre-deux-guerres avec ses sautoirs de fausses perles et ses bijoux d'inspiration byzantine en pâte de verre ; Dior, Yves Saint Laurent ou Christian Lacroix ont ensuite fait fabriquer des pièces spectaculaires par des ateliers spécialisés. Ils se collectionnent aujourd'hui comme des pièces de mode, et la page vendre du Chanel détaille ce qui fait la cote de la maison.
Côté créateurs, Line Vautrin occupe une place à part : ses bijoux en bronze doré, parfois ornés de rébus ou de jeux de mots, et ses pièces en talosel incrusté de miroirs peuvent atteindre plusieurs milliers d'euros. Aux États-Unis, Miriam Haskell (fausses perles baroques et petites perles montées à la main sur filigrane) et Trifari (connu pour ses broches « jelly belly » à ventre de résine transparente) ont aussi leurs collectionneurs en France.
| Signature ou famille | Signes de reconnaissance | Ordre de grandeur indicatif |
|---|---|---|
| Chanel | fausses perles, pâte de verre, chaînes dorées ; plaquette CHANEL, souvent millésimée sur les pièces récentes | le plus souvent quelques centaines d'euros, davantage pour les pièces importantes |
| Dior, Yves Saint Laurent, Lacroix | métal doré, strass, émail, résine ; signature sur plaquette | quelques dizaines à quelques centaines d'euros |
| Line Vautrin | bronze doré ciselé, talosel à miroirs, signature au revers | plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros |
| Miriam Haskell, Trifari | fausses perles baroques et filigrane ; « Crown Trifari », broches à résine | quelques dizaines à quelques centaines d'euros |
| Strass et pâte de verre non signés, avant 1950 | pierres serties à griffes, métal rhodié ou argenté | quelques euros à quelques dizaines d'euros |
| Fantaisie récent non signé | pierres collées, métal léger, dorure usée | quelques euros, vendu au lot |
Strass, bakélite, galalithe : dater par la matière
Le strass est un verre au plomb très brillant, taillé comme une pierre fine, qui doit son nom au joaillier Georges Frédéric Strass, au XVIIIe siècle. Sur un bijou ancien de qualité, les pierres sont serties à griffes ou à grains, avec souvent un paillon argenté au dos ; sur une pièce bon marché, elles sont collées et ternissent quand la colle jaunit.
L'Art déco a produit des bijoux fantaisie très graphiques : métal chromé, galalithe (une matière dérivée du lait), bakélite aux couleurs franches, verre noir. La bakélite sculptée ou incrustée, en bracelets joncs épais ou en broches figuratives, se vend bien mieux que la résine moulée récente. On la reconnaît à son poids, à son toucher dense et à l'odeur caractéristique qu'elle dégage quand on la frotte vigoureusement.
Un fermoir à sécurité et des fausses perles au lustre profond signalent aussi une fabrication soignée. À l'inverse, un métal très léger, une dorure qui part par plaques et des pierres manquantes font chuter l'intérêt.
Évitez les tests à l'aiguille chauffée ou à l'acétone : ils marquent définitivement la bakélite et la résine. Un professionnel identifie la matière sans abîmer la pièce.
L'or caché au milieu du fantaisie
C'est la vérification la plus rentable face à un écrin de famille. Dans une boîte à bijoux, le fantaisie et le précieux se mélangent : une chaîne en or emmêlée avec des colliers de verre, une alliance au fond d'un sachet, une médaille de baptême, une dent en or, un bouton de manchette dépareillé. Donner ou jeter le lot sans le trier, c'est parfois se séparer de plusieurs grammes d'or.
Le réflexe consiste à chercher les poinçons. En France, l'or 18 carats porte une tête d'aigle, l'argent massif le plus souvent une tête de Minerve, et les ors à plus bas titre une coquille Saint-Jacques (585 ‰) ou un trèfle (375 ‰). Un poinçon de maître de forme carrée signale en revanche du plaqué ou du doublé, de même que les mentions « GF », « RGP » ou « plaqué » ; sur les bijoux étrangers, on lit « 18K », « 750 » ou « 925 ».
Le poids donne un second indice : à taille égale, l'or est nettement plus lourd que le laiton doré. Mais le poids ne prouve rien à lui seul, et seul un test du métal tranche. Pour savoir comment ces pièces sont ensuite rachetées, même abîmées, voyez notre guide sur la valeur des bijoux en or cassés.
- Ouvrez chaque sachet, chaque pochette, chaque double fond d'écrin
- Démêlez les chaînes : un collier en or se cache souvent sous un sautoir fantaisie
- Regardez les fermoirs et les anneaux, où se frappe le poinçon
- Mettez à part tout ce qui porte un poinçon ou une mention de titre
- Gardez les bijoux cassés : l'or se rachète même en morceaux
Ce qui part au lot, en toute franchise
La plupart des bijoux fantaisie des années 1970 à 2000, non signés, en métal doré ou argenté avec des pierres collées, valent au mieux quelques euros pièce. Le marché en est saturé. Ils se vendent par lots, au carton, en brocante ou en ligne, et les bijoux des marques de prêt-à-porter récentes n'ont en général pas de valeur de revente notable.
C'est justement pour cela qu'il faut regarder de près : dans un carton de tout-venant, une broche signée, un bracelet en bakélite ou une paire de clips de couture font souvent toute la différence. Quand nous venons expertiser gratuitement à domicile, dans le 77, le 89 ou le 21, nous trions la boîte avec vous, pièce par pièce (ce qui est précieux, ce qui est signé, ce qui part au lot) et l'offre est faite sur place. Les bijoux en métal précieux sont traités à part, comme sur notre page vendre ses bijoux anciens.
Parures, écrins, état : ce qui fait monter le prix
Une parure complète (collier, bracelet et boucles d'oreilles assortis) vaut plus que ses éléments vendus séparément. Une boucle d'oreille seule perd l'essentiel de son intérêt, sauf si elle est en or. Gardez ensemble ce qui va ensemble et conservez les écrins, boîtes et pochettes de la maison : chez les couturiers, ils rassurent l'acheteur sur l'authenticité.
Les défauts qui coûtent cher : pierres manquantes ou dépareillées, dorure usée jusqu'au métal, traces vertes d'oxydation, fermoirs refaits, fausses perles qui pèlent. Un chiffon doux et sec suffit : l'eau abîme les paillons des strass et les colles.
Les erreurs qui font perdre de la valeur
- Jeter le lot sans l'ouvrirUn bijou en or ou en argent glissé au milieu du fantaisie fait partie des trouvailles les plus fréquentes lors d'un vide maison.
- Confondre doré et or« plaqué », « doublé », « GF », « RGP » ou un poinçon carré désignent une fine couche d'or sur un métal commun, pas de l'or massif.
- Dépareiller les paruresSéparer collier et boucles, ou ne garder qu'une boucle d'une paire, fait perdre une bonne part de la valeur.
- Tester la bakélite à l'aiguille chaudeLa marque est définitive et dévalue la pièce.
- Se fier au seul nom gravéLes copies de bijoux Chanel ou Dior sont nombreuses, et c'est la qualité de fabrication qui confirme la signature.
Les questions qu'on nous pose
Comment savoir si un bijou Chanel fantaisie est authentique ?
Regardez la qualité d'ensemble : poids, finition des chaînes, sertissage, fermoir et netteté de la plaquette. Les pièces des dernières décennies portent souvent un millésime et une indication de saison à côté de la marque. Les copies étant nombreuses, l'examen par un professionnel reste la meilleure garantie.
Un bijou ancien en argent avec des strass, c'est du fantaisie ?
Non : un bijou en argent massif poinçonné relève des métaux précieux, même orné de strass ou de marcassites. Les bijoux Art déco en argent et marcassites, par exemple, se vendent au-dessus du fantaisie ordinaire. Le poinçon tranche la question.
Les bijoux Monet, Napier ou Sarah Coventry ont-ils une valeur ?
Ces marques américaines ont produit en grande série et se vendent en général entre quelques euros et quelques dizaines d'euros, davantage pour une parure complète en très bon état. Elles ont un public de collectionneurs, sans commune mesure toutefois avec les bijoux de couture.
Vaut-il mieux vendre un carton de fantaisie au poids ?
Seulement une fois le tri fait. Les lots non triés se vendent à des prix modestes, alors qu'une seule pièce signée ou un bijou en or égaré peut valoir plus que tout le reste du carton.
Faut-il faire réparer un bijou fantaisie avant de le vendre ?
En général, non. Une réparation approximative, une pierre de remplacement dépareillée ou une redorure font perdre plus qu'elles ne rapportent. Présentez le bijou tel quel, avec les pierres tombées si vous les avez gardées.