Une chaise ancienne isolée vaut le plus souvent entre 10 et 80 euros, qu'elle soit paillée, cannée ou en bois courbé. La valeur apparaît avec les séries : six chaises identiques en bon état se vendent bien mieux que six fois le prix d'une seule. Les chaises en bois courbé marquées Thonet ou d'un fabricant concurrent reconnu, les séries provençales ou Louis-Philippe de qualité et les modèles rares font monter les prix, de quelques centaines d'euros à davantage pour une belle série.
Repères
| Types courants | paillées, cannées, garnies, bois courbé |
|---|---|
| Périodes | XVIIIe au milieu du XXe siècle |
| Bois | hêtre, noyer, merisier, acajou, frêne |
| Bois courbé | procédé industrialisé par Thonet au XIXe siècle |
| Série recherchée | 6, 8 ou 12 chaises identiques |
| Fourchette à l'unité | 10 à 80 euros pour une chaise courante |
Une chaise seule, une série de six : deux marchés différents
Une chaise isolée, même jolie, trouve difficilement preneur : elle finit en chaise d'appoint, de chambre ou de bureau, et l'acheteur la paie en conséquence. Une série complète répond au contraire à un besoin précis, meubler une table, et c'est elle qui fait le prix.
Les séries de six sont les plus demandées, suivies des séries de huit et de douze pour les grandes tables. Quatre chaises se vendent encore correctement. Un lot de trois ou cinq, ou une série dépareillée de modèles voisins, perd une bonne partie de son intérêt.
L'homogénéité compte autant que le nombre : même modèle, même bois, même teinte, même garniture. Deux chaises refaites dans une autre couleur ou une chaise recollée et plus basse que les autres se voient tout de suite autour d'une table.
| Type | Chaise seule | Série de 6 en bon état |
|---|---|---|
| Chaise paillée rustique, fin XIXe | 10 à 40 euros | 120 à 300 euros |
| Chaise provençale de style Louis XV, paillée | 30 à 80 euros | 200 à 600 euros |
| Chaise de bistrot en bois courbé non marquée | 15 à 50 euros | 150 à 350 euros |
| Chaise en bois courbé marquée (Thonet, Kohn, Fischel, Baumann) | 30 à 150 euros | 250 à 900 euros |
| Chaise Louis-Philippe en acajou ou noyer | 20 à 60 euros | 200 à 600 euros |
Ces fourchettes sont indicatives et supposent des assises en bon état. Un rempaillage ou un recannage coûte souvent plusieurs dizaines d'euros par chaise, ce que l'acheteur déduit de son offre.
Paillées et régionales : du rustique ordinaire à la belle provençale
La chaise paillée était le siège ordinaire des campagnes françaises. On en fabriquait partout, en hêtre, en frêne, en merisier ou en noyer, avec une assise de paille de seigle, de jonc ou de massette tressée. La plupart sont des chaises simples, à barreaux ou à dossier en échelle, souvent appelées chaises à la capucine, et elles valent peu à l'unité.
Les chaises provençales de style Louis XV forment la catégorie la plus recherchée : piétement galbé ou tourné, dossier mouvementé à barrettes sculptées, parfois peintes ou dorées, en noyer ou en hêtre. Une série homogène, avec sa paille d'origine en bon état ou refaite avec soin, se vend nettement mieux que la moyenne des chaises rustiques.
Pour toutes ces chaises, la paille d'origine n'est pas une obligation. Ce qui compte : un paillage serré, régulier, sans trou, et une structure saine sans barreau recollé ni pied rongé.
Bois courbé : Thonet, ses concurrents et la chaise de bistrot
Au milieu du XIXe siècle, l'ébéniste Michael Thonet, installé à Vienne, industrialise la fabrication de meubles en hêtre massif courbé à la vapeur. Le modèle n°14, lancé en 1859, devient la chaise de café par excellence et l'un des sièges les plus produits de l'histoire. L'entreprise Gebrüder Thonet est rapidement imitée.
Parmi les concurrents, on rencontre surtout Jacob & Josef Kohn et Fischel, établis dans l'Empire austro-hongrois, et en France la maison Baumann, à Colombier-Fontaine dans le Doubs, très présente dans les cafés et les maisons françaises. Après la Seconde Guerre mondiale, les anciennes usines nationalisées en Tchécoslovaquie et en Pologne ont prolongé la production.
Une chaise en bois courbé de bonne fabrique porte souvent une marque au fer sous la ceinture de l'assise, une étiquette en papier ou les deux. Une marque lisible et un modèle identifiable font une vraie différence de prix. Les chaises non marquées ou trop restaurées restent des chaises de bistrot ordinaires, appréciées pour l'usage mais modestement payées.
- Retournez la chaise et cherchez une marque au fer sous le cercle de l'assise
- Vérifiez la présence d'une étiquette papier, même déchirée : ne la décollez pas
- Regardez l'assise : cannage, contreplaqué estampé ou bois massif selon les modèles
- Les fauteuils, rocking-chairs et modèles rares en bois courbé valent plus qu'une chaise simple
Louis-Philippe, Napoléon III et chaises de style
Les chaises Louis-Philippe, en acajou, en palissandre ou en noyer, se reconnaissent à leur dossier à bandeau, souvent ajouré ou légèrement renversé, et à leurs pieds avant en console ou en jarret. Fabriquées en grand nombre pour les salles à manger bourgeoises, elles sont courantes et solides. Leur valeur suit celle du mobilier Louis-Philippe en général, plus faible qu'il y a trente ans.
Sous le Second Empire et la IIIe République, on produit des chaises de tous les styles anciens, Louis XV, Louis XVI ou Henri II, souvent en série avec la salle à manger. Elles se vendent bien mieux avec leur table et leur buffet que seules.
Une chaise d'époque XVIIIe portant l'estampille d'un maître menuisier relève d'une autre catégorie, proche de celle des sièges d'apparat : le guide sur la valeur des fauteuils anciens donne les repères utiles.
Paille, canne, garniture : l'état de l'assise dans l'estimation
Une assise percée, une canne crevée ou un tissu taché ne condamnent pas une chaise, mais l'acheteur chiffre la remise en état et la retranche de son prix. Sur des chaises courantes, ce coût dépasse parfois leur valeur de revente.
Les jeux dans les assemblages sont fréquents. Un recollage propre, avec une colle adaptée, se fait facilement. Des vis ou des équerres métalliques ajoutées pour consolider une chaise branlante abîment le bois et font baisser la valeur.
Gardez les chaises dans leur état : Maison Lombard les estime telles qu'elles sont, y compris abîmées, lors d'une visite gratuite à domicile en Seine-et-Marne, dans l'Yonne et en Côte-d'Or, avec une offre immédiate. Si elles accompagnent une grande table, voyez aussi notre page sur la valeur d'une table de ferme.
Les erreurs qui font perdre de la valeur
- Vendre les chaises séparément de la sérieSix chaises identiques valent bien plus que six ventes à l'unité.
- Retirer l'étiquette d'une chaise en bois courbéC'est souvent la seule preuve de son fabricant.
- Repeindre ou vernir des chaises anciennesUne finition récente fait perdre les amateurs sans gagner d'acheteurs.
- Consolider avec des équerres métalliquesLa réparation se voit et abîme le bois.
Les questions qu'on nous pose
Comment reconnaître une vraie chaise Thonet ?
Retournez-la : une chaise Thonet porte généralement une marque au fer ou une étiquette sous la ceinture de l'assise. Le hêtre courbé en éléments massifs, l'assemblage par vis et la qualité des courbes aident aussi. Beaucoup de chaises de bistrot ressemblent à des Thonet sans en être.
Les chaises Baumann ont-elles de la valeur ?
Oui, mais moins que les Thonet en général. Baumann fut un grand fabricant français de meubles en bois courbé, et ses chaises marquées se vendent correctement en série. Certains modèles des années 1930 à 1950 plaisent aux amateurs de mobilier vintage.
Une chaise paillée vaut-elle le coût d'un rempaillage ?
Pour une chaise rustique courante, rarement : le rempaillage coûte souvent plus que la chaise ne vaut seule. Pour une série provençale de qualité ou une chaise d'époque, le rempaillage par un artisan se justifie et facilite la vente.
Que faire de chaises dépareillées ?
Le mélange de chaises anciennes dépareillées autour d'une table est à la mode, ce qui leur donne un petit débouché. Il vaut mieux les proposer en lot, avec le reste du mobilier, qu'une par une.
Combien vaut une série de 6 chaises anciennes ?
Le plus souvent entre 120 et 600 euros selon le type et l'état, davantage pour des chaises en bois courbé marquées ou une belle série provençale. L'homogénéité et l'état des assises comptent autant que le modèle.