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Que vaut une bonnetière ancienne ?

Plus étroite qu'une armoire, la bonnetière a mieux traversé la crise du meuble régional : elle trouve sa place presque partout. Encore faut-il distinguer la pièce d'époque, sculptée et chevillée, de la production de série du début du XXe siècle, et savoir ce que disent son bois, sa porte et ses mesures.

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En bref

Une bonnetière ancienne se négocie le plus souvent entre 100 et 400 euros. Les modèles tardifs à glace et les bonnetières sans décor restent dans le bas de cette fourchette, tandis qu'une belle bonnetière normande d'époque, sculptée, en chêne ou en merisier et dans son état d'origine, peut atteindre plusieurs centaines d'euros, plus rarement le millier. Le format pèse presque autant que la provenance : une bonnetière étroite et peu haute, facile à placer, se vend nettement mieux qu'un grand modèle.

Repères

Définitionarmoire à une seule porte
Usage d'origineranger les coiffes et bonnets de dentelle
PériodeXVIIIe au début du XXe siècle, surtout XIXe
RégionsNormandie, Bretagne, Vendée, Poitou
Boischêne, merisier, noyer, châtaignier
Dimensions courantes70 à 100 cm de large, 180 à 220 cm de haut environ
Fourchette courantele plus souvent 100 à 400 euros

Une armoire réduite à une porte : d'où vient la bonnetière

Le nom dit l'usage : on rangeait dans ce meuble étroit les bonnets et les coiffes de dentelle, empesées et fragiles, que les femmes de l'ouest de la France portaient le dimanche et les jours de fête. La bonnetière apparaît dans les intérieurs ruraux aisés au XVIIIe siècle et se répand surtout au XIXe, souvent en complément de l'armoire de mariage.

Sa construction est celle d'une armoire : deux montants, une corniche, une traverse basse souvent chantournée, des étagères intérieures. La différence tient à la largeur et à la porte unique. Certaines ont un tiroir en partie basse, ce qui les rend plus pratiques et un peu plus recherchées.

Dans les annonces, toute armoire à une porte devient une bonnetière, y compris des meubles de série des années 1920 et 1930 : d'où l'écart considérable des prix affichés en ligne.

Lire la provenance dans le décor

La Normandie fournit les bonnetières les plus recherchées. Celles du pays de Caux et du Bessin reprennent les décors sculptés des armoires de mariage : paniers fleuris, roses, colombes, carquois, parfois une corniche cintrée. Les critères sont ceux d'une armoire normande : finesse de la sculpture, qualité du chêne, ferrures et entrées de serrure en laiton découpé.

En Bretagne, la bonnetière suit le mobilier des différents pays bretons : chêne ou châtaignier, décor géométrique, rosaces, et dans certains terroirs un cloutage de laiton sur les panneaux. Le décor varie d'un pays à l'autre, ce qui permet souvent à un œil exercé de situer la pièce dans un terroir précis.

Vendée et Poitou livrent des bonnetières plus sobres, souvent en merisier ou en noyer, aux moulures bien tracées et aux panneaux simplement chantournés. Elles se vendent moins sur le décor que sur la couleur du bois et les proportions, et plaisent à ceux qui cherchent un meuble clair plutôt qu'un chêne sombre.

Type de bonnetièreSignes typiquesOrdre de grandeur indicatif
Normande d'époque, sculptéechêne, paniers fleuris, colombes, laiton découpé, chevilles300 à 800 euros, davantage pour une pièce rare
Normande fin XIXe, peu sculptéechêne ou merisier, sculpture mécanique régulière150 à 400 euros
Bretonnechêne ou châtaignier, rosaces, cloutage selon les terroirs100 à 500 euros
Vendéenne ou poitevinemerisier ou noyer, moulures sobres100 à 400 euros
À glace, vers 1880-1930porte à miroir biseauté, goût Louis-Philippe ou Louis XV50 à 200 euros

Pourquoi les petits formats partent plus vite

Le marché du meuble régional s'est fortement contracté depuis les années 1990 : les grandes armoires, difficiles à loger dans un appartement ou une maison récente, ont perdu une bonne partie de leur valeur. La bonnetière a mieux résisté pour une raison simple : elle passe dans un couloir, une entrée, une salle de bains ou une chambre d'enfant.

Les acheteurs regardent d'abord la largeur et la hauteur. Une bonnetière de moins de 80 cm de large et d'environ 1,80 m de haut, qui tient sous un plafond moderne sans manger le mur, trouve preneur bien plus vite qu'un modèle large à forte corniche. Les modèles réduits, meubles de maîtrise ou meubles de poupée, forment une catégorie à part, recherchée pour elle-même.

Vitrine, bibliothèque, armoire à linge ou bar : la bonnetière se reconvertit facilement, ce qui soutient la demande.

Porte à glace ou porte pleine : ce que change le miroir

La bonnetière dite à glace, avec un miroir biseauté dans la porte, appartient surtout à la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe. Fabriquée en grand nombre, souvent en noyer, en merisier ou en chêne, dans le goût Louis-Philippe ou Louis XV, elle accompagnait les chambres bourgeoises. C'est elle que l'on rencontre le plus souvent dans les successions.

Sur le marché, le miroir fait baisser le prix plutôt que l'augmenter : il signale une fabrication tardive et standardisée, il alourdit le meuble et se brise au transport, et son tain se pique avec le temps. Une bonnetière à glace en bon état se négocie souvent entre 50 et 200 euros, moins si la glace est fêlée.

Attention aux portes modifiées : certaines bonnetières anciennes ont reçu au XXe siècle un miroir à la place du panneau d'origine, et des glaces ont été retirées pour retrouver un aspect rustique. Une feuillure retaillée, des baguettes rapportées ou une patine différente entre la porte et le bâti trahissent l'intervention.

Une glace piquée n'est pas forcément à remplacer : pour un acheteur averti, un miroir ancien au tain d'origine, même marqué, vaut mieux qu'une glace moderne.

D'époque ou tardive : les indices dans le bois

Une bonnetière d'époque a été fabriquée pendant la période de son style, avec le décalage habituel du mobilier régional : le Louis XV rustique se prolonge souvent jusqu'au milieu du XIXe siècle en province. Une bonnetière tardive reprend ces formes à partir des années 1880, avec des moyens industriels.

Ouvrez la porte. Sur une pièce ancienne, les assemblages à tenons et mortaises sont fixés par des chevilles de bois qui dépassent légèrement, les panneaux du fond sont épais et irréguliers, les traces de varlope ou de scie à main se voient au revers. Sur une production tardive, le sciage est régulier, des vis industrielles apparaissent, le fond peut être en contreplaqué.

La sculpture parle aussi : taillée à la main, elle est profonde, vivante, légèrement irrégulière ; reproduite à la machine, elle est plate et répétitive. Des fiches forgées et des entrées de serrure découpées à la main sont des signes favorables, si elles n'ont pas été remplacées.

Dernier piège : des armoires abîmées ont parfois été réduites à une seule porte pour répondre à la demande. Une corniche recoupée, une traverse basse dont le décor ne correspond pas au reste, ou une largeur incohérente avec les côtés doivent alerter.

Avant la visite : mesurer, vider, ne rien décaper

Notez la largeur, la profondeur et la hauteur hors tout, corniche comprise : ce sont les premières questions d'un acheteur. Videz le meuble pour qu'on puisse examiner l'intérieur, le fond et les étagères, et retrouvez la clé si elle existe.

Ne touchez pas à la patine : un décapage ou un vernis récent efface ce que l'œil cherche pour dater le meuble. Maison Lombard se déplace gratuitement à domicile en Seine-et-Marne, dans l'Yonne et en Côte-d'Or, examine la bonnetière sur place et formule une offre immédiate ; si d'autres meubles régionaux sont à vendre, la page vendre une armoire ancienne décrit notre façon de procéder.

Les erreurs qui font perdre de la valeur

  1. Se fier au mot « bonnetière » d'une annonceIl est appliqué à n'importe quelle armoire à une porte, y compris des meubles de série sans intérêt ancien.
  2. Décaper ou vernir avant de vendreLa patine d'origine est l'un des premiers critères de prix ; la supprimer coûte plus qu'elle ne rapporte.
  3. Croire que le miroir ajoute de la valeurLa glace signale le plus souvent une fabrication tardive et complique le transport.
  4. Oublier la corniche dans les mesuresQuelques centimètres de trop sous un plafond de 2,40 m suffisent à faire renoncer un acheteur.

Les questions qu'on nous pose

Quelle différence entre une bonnetière et une armoire ?

La bonnetière n'a qu'une porte et une largeur réduite, généralement moins d'un mètre, alors que l'armoire en a deux. La construction est la même : bâti en bois massif, corniche, étagères. Son nom vient des coiffes et bonnets qu'on y rangeait dans l'ouest de la France.

Une bonnetière normande vaut-elle plus cher qu'une bretonne ?

En moyenne oui, car les bonnetières normandes sculptées des décors de mariage sont les plus demandées. Mais une belle bonnetière bretonne ancienne, bien décorée et dans son jus, vaut davantage qu'une normande tardive à sculpture mécanique : la qualité prime sur l'étiquette régionale.

Comment dater une bonnetière ?

Regardez les assemblages : chevilles de bois et fonds épais sciés irrégulièrement indiquent une fabrication ancienne, vis industrielles et contreplaqué une production du XXe siècle. Serrure, ferrures et façon de la sculpture complètent le diagnostic.

Peut-on transformer une bonnetière en bibliothèque sans perdre de valeur ?

Oui si la transformation reste réversible : étagères posées sur taquets, porte simplement retirée et conservée. Les découpes, perçages et remplacements de panneau sont définitifs et pénalisent le meuble auprès des amateurs.

Une bonnetière se démonte-t-elle ?

Certaines bonnetières anciennes se démontent comme les armoires : corniche, porte et parfois côtés se dégagent une fois les chevilles retirées. Ce démontage facilite le passage dans un escalier étroit, à condition d'être fait sans forcer.

Une bonnetière dans la chambre du haut ? Faites-la estimer sur place.

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