Dans la grande majorité des cas, un piano droit ancien a une valeur de revente nulle, parfois négative une fois comptés le déménagement et la remise en état. Les exceptions sont les pianos à queue et les pianos droits haut de gamme des grandes marques (Steinway, Bechstein, Blüthner, Bösendorfer, certains Pleyel, Érard ou Gaveau) en bon état, ainsi que les pianos au meuble remarquable. Pour un piano courant, l'issue réaliste est le don ou l'enlèvement, pas la vente.
Repères
| Piano droit courant | valeur de revente nulle à quelques centaines d'euros |
|---|---|
| Déménagement | souvent plusieurs centaines d'euros, plus avec des étages |
| Accord | de l'ordre d'une centaine d'euros, à répéter après chaque transport |
| Marques recherchées | Steinway, Bechstein, Blüthner, Bösendorfer, beaux Pleyel, Érard, Gaveau |
| Où lire la marque et le numéro | sur le cadre en fonte, sous le couvercle, sur la table d'harmonie |
| Attention | touches en ivoire : commerce très encadré |
Pourquoi la plupart des pianos droits ne valent plus rien
Des centaines de milliers de pianos droits ont été fabriqués en France et en Allemagne entre la fin du XIXe siècle et les années 1960, quand le piano trônait dans tous les salons bourgeois. Aujourd'hui, l'offre dépasse très largement la demande : les débutants achètent un piano numérique, plus léger, sans accord et silencieux au casque.
Un piano ancien demande ensuite de l'argent avant de rejouer correctement. Après des années sans accord, il faut souvent plusieurs passages pour remonter la tension des cordes, et les feutres des marteaux, les étouffoirs, les chevilles ou la table d'harmonie peuvent réclamer une restauration dont le coût dépasse vite la valeur de l'instrument.
Enfin, le transport coûte cher : un piano droit pèse couramment entre 200 et 300 kilos, et son déplacement par des déménageurs spécialisés se compte en centaines d'euros, davantage avec un escalier. Un acheteur fait le calcul, et pour un instrument ordinaire, le résultat est souvent nul.
| Type de piano | Signes qui le trahissent | Ce qu'on peut en attendre |
|---|---|---|
| Piano droit ancien à cordes parallèles | cordes non croisées, cadre en partie en bois, étouffoirs au-dessus des marteaux | aucune valeur de revente, difficile à accorder |
| Piano droit courant 1900-1970 | marque peu connue ou de distributeur, meuble simple | don ou quelques dizaines à quelques centaines d'euros |
| Piano droit de grande marque | Steinway, Bechstein, Blüthner, Pleyel ou Gaveau de bonne série | quelques centaines à quelques milliers d'euros selon l'état |
| Piano demi-queue ou quart de queue courant | marque moyenne, mécanique usée | quelques centaines à quelques milliers d'euros |
| Piano à queue de grande marque | Steinway, Bösendorfer, Bechstein, Érard ou Pleyel de concert | plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers d'euros |
| Piano au meuble d'art | marqueterie, bronzes, caisse dessinée par un décorateur | valeur liée au meuble, à juger au cas par cas |
Les pianos qui gardent une vraie valeur
Les pianos à queue sont la première exception : moins nombreux, plus recherchés par les pianistes, ils conservent une valeur réelle quand la mécanique et la table d'harmonie sont saines. Un Steinway à queue, qu'il vienne de New York ou de Hambourg, reste un instrument de référence ; Bösendorfer, Bechstein et Blüthner jouent dans la même catégorie.
Les grandes maisons parisiennes du XIXe siècle, Pleyel, Érard et Gaveau, ont produit des instruments de très belle facture, notamment leurs pianos à queue et leurs droits de haut de gamme. Mais un nom ne suffit pas : un Pleyel droit ordinaire des années 1920, très répandu, reste difficile à vendre s'il n'a pas été entretenu.
Troisième exception, le piano meuble : caisse en bois précieux marquetée, bronzes ciselés, piano Art nouveau ou Art déco dessiné par un décorateur, petit piano droit de style Louis XV aux pieds galbés. Là, on achète autant un meuble qu'un instrument. Les pianos carrés et les pianoforte anciens intéressent quelques spécialistes et restaurateurs, avec des valeurs très variables.
Le numéro de série, frappé sur le cadre en fonte ou sur la table d'harmonie, permet de dater l'instrument grâce aux registres publiés pour les grandes marques. Notez-le avec la marque avant de demander un avis.
Vous voulez vous en séparer : les solutions qui marchent
Commencez par un accordeur ou un magasin de pianos de votre région. Pour quelques dizaines d'euros, un accordeur vous dira si l'instrument tient l'accord, si la mécanique est saine et s'il mérite d'être vendu. Certains magasins reprennent des pianos de marque, plus rarement les autres.
Si la valeur est faible, le don est la voie la plus rapide. Les annonces de dons entre particuliers attirent des familles prêtes à payer le transport. Écoles de musique, associations, maisons de quartier, établissements pour personnes âgées, salles paroissiales ou troupes de théâtre amateur acceptent parfois un instrument qui tient l'accord, rarement un piano à restaurer.
En dernier recours, des déménageurs spécialisés et certaines entreprises proposent l'enlèvement et le démontage, qui reste payant. Renseignez-vous auprès de votre déchetterie, beaucoup n'acceptent pas un piano entier. Le cadre en fonte, qui pèse lourd, part au recyclage des métaux ; le bois suit la filière du mobilier.
- Ne détachez pas les plaques d'ivoire des touches pour les revendre : le commerce de l'ivoire est très encadré.
- Récupérez le tabouret ou la banquette, souvent plus facile à vendre que le piano lui-même.
Ce que nous rachetons vraiment, juste à côté du piano
Soyons francs : un piano droit courant n'entre généralement pas dans nos offres d'achat, car son transport et sa revente coûtent plus qu'ils ne rapportent. Autant le savoir dès le départ plutôt que d'espérer en vain. En revanche, ce qui l'entoure mérite presque toujours un regard.
Sur le piano et autour : bougeoirs ou appliques en bronze fixés sur la façade, pendule et garniture de cheminée, bronzes d'art, cadres en argent, métronome ancien, lampes de piano, tabouret à vis en bois tourné. Dans le meuble à partitions : partitions anciennes illustrées, méthodes du XIXe siècle, programmes de concert, disques 78 tours. Et souvent, dans un placard voisin, un violon, une flûte ou une clarinette oubliés, dont nous parlons dans notre page pour vendre un instrument de musique ancien.
Maison Lombard se déplace gratuitement dans le 77, le 89 et le 21 pour estimer ces objets, avec une offre immédiate et un paiement immédiat et sécurisé. Si le piano est de grande marque ou si son meuble sort de l'ordinaire, nous l'examinons avec le même sérieux. Si vous videz toute la maison, notre guide pour vider une maison avant de la vendre vous aidera à tout planifier, et notre liste des objets à ne surtout pas jeter évite les regrets.
Estimer son piano en dix minutes
Ouvrez le couvercle supérieur et la façade basse. Relevez la marque, souvent peinte ou dorée sur le cadre en fonte et sur le cylindre au-dessus du clavier, ainsi que le numéro de série. Regardez si les cordes graves croisent les cordes aiguës (cordes croisées, conception plus moderne) ou si elles sont toutes parallèles.
Jouez toutes les touches : une note muette, une touche qui reste enfoncée, des notes qui sonnent faux d'une octave à l'autre indiquent une mécanique ou des chevilles fatiguées. Cherchez les fissures sur la table d'harmonie, les traces de vers dans le meuble, les marteaux mités ou rongés.
Avec ces informations, vous saurez déjà si vous êtes dans le cas général (piano à donner) ou dans l'exception qui mérite l'avis d'un accordeur ou d'un spécialiste.
Les erreurs qui font perdre de la valeur
- Fixer un prix d'après le prix d'achatUn piano payé cher dans les années 60 ne vaut pas cette somme aujourd'hui, même corrigée.
- Faire accorder avant de vendre un piano ordinaireLa dépense ne se retrouve pas dans le prix, et un transport désaccordera l'instrument.
- Le déplacer soi-mêmeUn piano droit renversé dans un escalier blesse et casse ; le transport est un métier.
- Confondre la marque et la qualitéPleyel ou Gaveau ont produit des pianos d'étude ordinaires à côté de leurs instruments d'exception.
- Oublier le reste de la pièceLe tabouret, les partitions, les bronzes et la pendule valent souvent plus que le piano.
Les questions qu'on nous pose
Combien vaut un piano Pleyel ancien ?
Tout dépend du modèle et de l'état. Un Pleyel droit ordinaire non entretenu se vend difficilement, souvent pour rien. Un Pleyel à queue ou un droit de haut de gamme en bon état peut valoir de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros, davantage s'il a été restauré par un professionnel.
Comment se débarrasser d'un piano gratuitement ?
Le plus efficace est de le proposer en don sur les sites d'annonces, le transport étant à la charge du preneur. Écoles de musique et associations acceptent parfois un piano qui tient l'accord. Un enlèvement par une entreprise spécialisée reste presque toujours payant.
Un piano avec des touches en ivoire vaut-il plus cher ?
Non, pas en soi : l'ivoire signale un instrument ancien, sans garantir sa qualité. Son commerce est très encadré, et il ne faut jamais retirer les plaquettes pour les vendre séparément.
Comment dater un piano avec son numéro de série ?
Relevez le numéro frappé sur le cadre en fonte ou sur la table d'harmonie, puis comparez-le aux tables publiées pour la marque, accessibles chez les accordeurs et dans les ouvrages spécialisés. La date ne fait pas la valeur, mais elle aide à situer l'instrument.