Un Leica ancien se vend le plus souvent entre quelques centaines et plus d'un millier d'euros pour un boîtier courant en bon état (Leica à vis des années 1930 à 1950, M3, M2, M4), et peut atteindre plusieurs milliers d'euros, voire bien davantage, pour les versions rares, les finitions noires d'origine et les objectifs lumineux comme certains Summilux ou Noctilux. Le numéro de série gravé sur le boîtier permet de le dater avec précision. Les faux, souvent des appareils soviétiques maquillés, ne valent que quelques dizaines d'euros.
Leica en bref
| Fabricant | Ernst Leitz, à Wetzlar (Hesse, Allemagne) |
|---|---|
| Naissance | Prototype d'Oskar Barnack vers 1913-1914, Leica I commercialisé en 1925 |
| Monture à vis | Leica I, II, III et dérivés, des années 1920 aux années 1950 |
| Série M | M3 en 1954, puis M2, M4, M5, M6 et suivants |
| Datation | Numéros de série des boîtiers et des objectifs, répertoriés par tranches |
| Ce qui se vend le mieux | M3 et M2 en bel état, versions rares, objectifs lumineux |
| Pièges | Copies soviétiques maquillées, gravures militaires ajoutées, peintures noires refaites |
Leitz, Wetzlar et l'invention du petit format
Leica est la contraction de Leitz et de camera. L'entreprise d'optique Ernst Leitz, installée à Wetzlar, en Hesse, fabriquait des microscopes lorsque son ingénieur Oskar Barnack mit au point, vers 1913-1914, un petit appareil utilisant le film cinéma 35 mm. Commercialisé à partir de 1925 sous le nom de Leica, il impose le format 24 × 36 qui dominera la photographie du XXe siècle.
Jusqu'aux années 1950, les Leica utilisent une monture d'objectif à vis : ce sont les Leica I, II et III et leurs nombreuses variantes (IIIa, IIIb, IIIc, IIIf, IIIg). En 1954 apparaît le M3, premier de la série M à monture à baïonnette, suivi notamment des M2, M4, M5 et M6. L'entreprise prend officiellement le nom de Leica dans les années 1980.
Pour les autres marques, Rolleiflex, chambres en bois ou reflex mécaniques, notre page vendre un appareil photo ancien donne les repères essentiels.
Le numéro de série, carte d'identité du boîtier
Chaque boîtier Leica porte un numéro de série gravé, sur le capot supérieur pour la plupart des modèles. Des listes de production, publiées et largement reprises par les collectionneurs, associent chaque tranche de numéros à un modèle et à une année. Un numéro qui ne correspond pas au modèle gravé est un signal d'alerte, même si certains boîtiers ont été transformés en usine après coup.
Les objectifs Leitz portent eux aussi un numéro, gravé le plus souvent sur la bague avant, qui les date de la même manière. Un boîtier et un objectif de la même époque forment un ensemble cohérent, apprécié des acheteurs, sans que l'appariement d'origine soit indispensable.
Les gravures du capot (nom Leitz, lieu de fabrication) évoluent selon les époques ; certains objectifs portent la mention Leitz Canada, du nom de l'usine ouverte par la firme à Midland, en Ontario. Ces détails comptent pour les collectionneurs.
| Modèle | Repères | Ordre de grandeur indicatif (bon état) |
|---|---|---|
| Leica I, II, III à vis (années 1930) | Monture filetée, finition noire ou chromée selon les versions | Quelques centaines d'euros, davantage pour les premières séries |
| Leica IIIc, IIIf, IIIg | Dernières générations à vis, années 1940-1950 | Quelques centaines d'euros, plus pour un IIIg |
| M3 | 1954, premier boîtier à baïonnette | Souvent de l'ordre d'un millier d'euros, davantage en très bel état |
| M2, M4 | Boîtiers M mécaniques des années 1950 à 1970 | Du même ordre que le M3, selon la version et l'état |
| Finitions noires d'origine, versions spéciales | Peinture noire ancienne, séries limitées ou militaires authentiques | Plusieurs milliers d'euros, parfois bien plus |
| Objectifs Elmar, Summar, Summitar | Optiques courantes des boîtiers à vis | Quelques dizaines à quelques centaines d'euros |
| Summicron, Summilux, Noctilux | Optiques lumineuses de la série M | Plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros |
Objectifs Leitz : souvent la vraie valeur du sac
Les noms des objectifs Leitz renvoient à leur luminosité. Les Elmar, très répandus sur les boîtiers à vis, ont une ouverture modeste (f/3,5 pour le classique 50 mm) ; les Summar et Summitar sont des 50 mm plus lumineux ; les Summicron (f/2), Summilux (f/1,4) et Noctilux (f/1,2 à l'origine, puis plus lumineux encore) forment le haut de gamme de la série M.
L'état optique prime : voile interne, champignons, rayures sur la lentille frontale, décollement des lentilles collées, fréquent sur les optiques anciennes, font chuter le prix. Regardez à travers l'objectif ouvert à pleine ouverture, devant une lampe : la moindre brume apparaît.
Les accessoires d'origine se vendent aussi : viseurs externes, télémètres, parasoleils, bouchons, étuis en cuir, boîtes et notices. Ne les jetez pas, même dépareillés ; un vieux sac photo fait partie des objets à ne surtout pas jeter en vidant une maison.
Faux Leica, gravures militaires et soviétiques maquillés
Dès les années 1930, l'industrie soviétique a produit des copies du Leica à vis, comme les FED puis les Zorki, mécaniquement proches de l'original. Beaucoup ont été maquillés par la suite en Leica, avec de fausses gravures et parfois des marquages militaires allemands fantaisistes, aigles et insignes compris, pour tromper les acheteurs.
Ces faux se reconnaissent à une gravure de qualité médiocre, une typographie incorrecte, un numéro de série incohérent avec le modèle, une finition inférieure et souvent un objectif soviétique regravé. De vrais Leica militaires existent, mais ils sont rares, documentés et scrutés par les spécialistes.
Autre piège : les peintures noires refaites. Une finition noire d'origine, usée sur les arêtes jusqu'au laiton, vaut cher ; une peinture moderne appliquée sur un boîtier chromé n'ajoute rien, et retire parfois de la valeur.
Un « Leica » orné d'insignes militaires et proposé à petit prix est presque toujours un faux. À l'inverse, un FED ou un Zorki honnête, non maquillé, garde sa propre petite cote.
Préparer la vente de votre Leica
Ne forcez pas un obturateur bloqué et ne démontez rien. Notez le numéro de série, le modèle gravé et les objectifs, et rassemblez accessoires, étuis, boîtes et éventuelles factures. Un appareil aux rideaux d'obturateur percés ou à la visée voilée reste vendable : la révision a un coût, que l'acheteur prend en compte.
Nous nous déplaçons gratuitement dans le 77, le 89 et le 21 pour vérifier numéro, version, fonctionnement et optique devant vous. L'offre vous est faite sur place, pour l'ensemble ou élément par élément, et le paiement est immédiat et sécurisé si vous l'acceptez.
Ce qu'il vaut mieux éviter avant de vendre
- Se fier aux gravuresCe sont précisément elles que les faussaires imitent ; le numéro de série et la qualité de fabrication comptent davantage.
- Négliger les objectifsUn Summilux ou un Noctilux peut valoir plus que le boîtier qui le porte.
- Nettoyer une lentille avec un chiffon ordinaireLes micro-rayures sur le traitement de surface déprécient l'objectif.
- Faire repeindre un boîtier en noirUne finition refaite n'a pas la valeur d'une finition d'origine et peut passer pour une tentative de tromperie.
Questions fréquentes
Comment dater mon Leica avec son numéro ?
Relevez le numéro gravé, le plus souvent sur le capot supérieur, et comparez-le aux listes de production publiées par les collectionneurs, qui donnent le modèle et l'année de chaque tranche. Si le modèle indiqué par la liste ne correspond pas à l'appareil, méfiance.
Un Leica qui ne fonctionne plus a-t-il de la valeur ?
Oui, dans la plupart des cas. Les Leica se révisent bien et les acheteurs le savent ; le prix tient simplement compte du coût de la révision. Un objectif en bon état garde sa valeur indépendamment du boîtier.
Quelle différence entre un Leica à vis et un Leica M ?
Les Leica à vis ont une monture filetée et, sur la plupart des modèles à télémètre, des fenêtres de visée et de mise au point séparées. Les M, à partir du M3 de 1954, ont une monture à baïonnette et un viseur-télémètre combiné, plus rapide à l'usage.
Les Leica reflex valent-ils autant que les M ?
En général non : les Leicaflex et la série R se revendent nettement moins cher que les boîtiers M, même si certains objectifs R de qualité restent recherchés.
Mon Leica porte un aigle et une inscription militaire, est-il rare ?
C'est possible, mais peu probable : la grande majorité de ces appareils sont des copies soviétiques maquillées. Seul un examen du numéro, de la fabrication et des gravures permet de conclure.