Un poste de radio à lampes des années 1935 à 1955 en coffret de bois, de facture courante, se négocie en général entre 20 et 80 €. Les postes des années 1920 à lampes apparentes, les récepteurs à cadre complets, les radios en Bakélite colorée et les modèles au design Art déco affirmé valent généralement de 100 € à quelques centaines d'euros, parfois davantage pour les pièces rares. Les transistors des années 1960 restent modestes, sauf quelques objets de design. Un poste à lampes ancien ne doit jamais être branché sans révision préalable.
Chronologie express
| Débuts de la radiodiffusion en France | début des années 1920 |
|---|---|
| TSF | télégraphie sans fil, nom resté pour les postes de radio |
| Postes à lampes apparentes | années 1920 |
| Âge d'or du poste en coffret | années 1930 à 1950 |
| Transistors grand public | fin des années 1950 et années 1960 |
| Cas le plus fréquent | poste à lampes en bois 1935-1955, 20 à 80 € |
Situer son poste : quatre générations
Les premiers récepteurs domestiques, au début des années 1920, ressemblent à des appareils de laboratoire : lampes visibles posées sur le dessus ou en façade, cadrans gradués à boutons multiples, bornes pour brancher casque, accumulateur et piles. Le son sort d'un casque ou d'un haut-parleur séparé à pavillon. Les postes à galène, sans lampe ni alimentation, se contentent d'un cristal et d'un casque.
À la fin des années 1920 et dans les années 1930, le poste se referme dans un coffret de bois verni, avec haut-parleur intégré et alimentation sur le secteur. Les formes en ogive, dites « chapelle » ou « cathédrale », puis les façades géométriques Art déco datent de cette période. Après-guerre, les coffrets deviennent plus horizontaux, avec un grand cadran en verre sérigraphié portant les noms des stations, et le clavier à touches apparaît dans les années 1950.
Les transistors, à partir de la fin des années 1950, rendent la radio portable et bon marché : gainage de skaï, poignée, piles. Ils ont été produits en quantités énormes.
Les postes des années 1920 et les cadres
Le cadre est une antenne : un grand châssis de bois, carré ou en losange, enroulé de fil, que l'on orientait vers l'émetteur pour améliorer la réception. Un poste des années 1920 vendu avec son cadre, ses lampes d'origine, son casque ou son haut-parleur à pavillon forme un ensemble recherché par les collectionneurs de TSF, qui peut atteindre quelques centaines d'euros, davantage pour les fabrications rares.
Les lampes d'époque, ces tubes à vide à culot à broches, comptent beaucoup : un poste des années 1920 dont les lampes ont disparu perd une bonne partie de son intérêt. Les anciennes lampes TSF se vendent aussi seules, et une boîte de lampes trouvée dans un grenier n'est pas à jeter.
Les grands noms français de cette époque sont Ducretet, maison pionnière fondée par Eugène Ducretet, qui deviendra Ducretet-Thomson, et la Société française radio-électrique (SFR), qui lança la marque Radiola au début des années 1920. En 1931, Philips prit le contrôle de La Radiotechnique, qui fabriquait alors les postes Radiola, et la marque néerlandaise devint l'un des principaux fabricants en France.
Bakélite et Art déco : quand le design fait le prix
La Bakélite, première matière plastique de synthèse moulée, a permis de produire dès les années 1930 des coffrets aux formes arrondies ou géométriques, en brun le plus souvent, plus rarement en couleur. Une radio en Bakélite brune, très courante, se vend modestement ; les teintes claires, ivoire, rouge ou vert (souvent obtenues avec d'autres résines que la Bakélite proprement dite, qui se prête surtout aux tons sombres), et les formes spectaculaires sont nettement plus recherchées. Les éclats, fissures et brûlures dues à la chaleur des lampes pèsent sur la valeur.
Le design Art déco reste le premier critère du marché : façade à gradins, grille de haut-parleur à motifs géométriques, marqueterie de bois contrastés, chrome. Un poste au dessin affirmé intéresse à la fois les collectionneurs de TSF et les amateurs de décoration, et peut se vendre plusieurs centaines d'euros en bon état.
Les grands postes radio-phono des années 1950, en meuble avec tourne-disque intégré, sont en revanche difficiles à vendre aujourd'hui : volumineux, lourds, rarement fonctionnels. Leur platine intéresse parfois davantage que le meuble, comme pour le matériel hi-fi vintage.
| Type de poste | Période | Ordre de grandeur indicatif |
|---|---|---|
| Poste à galène complet avec casque | années 1920 | 50 à 300 € |
| Poste à lampes apparentes, avec cadre ou haut-parleur à pavillon | années 1920 | 150 € à plusieurs centaines d'euros |
| Poste « chapelle » en bois | fin des années 1920 et années 1930 | 80 à 300 € |
| Poste Art déco au design affirmé | années 1930 | 100 à quelques centaines d'euros |
| Poste à lampes en bois, facture courante | 1935-1955 | 20 à 80 € |
| Radio en Bakélite brune | 1935-1955 | 20 à 80 € |
| Radio en Bakélite de couleur, forme recherchée | 1935-1955 | 100 à 400 € |
| Transistor courant | années 1960 | 5 à 30 € |
Ne pas le brancher : la règle de sécurité
Un poste à lampes qui n'a pas fonctionné depuis des décennies ne doit pas être branché « pour voir ». Ses condensateurs, en papier ou chimiques, se dégradent avec le temps ; à la mise sous tension, ils peuvent claquer, provoquer un court-circuit, faire griller le transformateur d'alimentation, irremplaçable sur certains modèles, voire déclencher un début d'incendie.
Beaucoup de postes économiques des années 1930 à 1950, dits « tous courants », n'ont pas de transformateur : leur châssis métallique est directement relié au secteur. Avec un fond arrière manquant ou un bouton cassé, toucher l'intérieur peut provoquer une électrocution. Les cordons d'alimentation à gaine textile craquelée ajoutent un risque supplémentaire.
Un passionné ou un réparateur remplace d'abord les condensateurs et vérifie le circuit avant toute mise en route. Pour l'estimation, inutile de savoir si le poste fonctionne : l'acheteur averti préfère un poste jamais rebranché à un poste « testé » qui a pu souffrir.
Gardez le fond arrière en carton perforé, l'étiquette du fabricant et le schéma parfois collé à l'intérieur : ils permettent d'identifier le modèle et facilitent la restauration.
Les transistors des années 1960, et leurs exceptions
La plupart des transistors des années 1960, gainés de skaï ou en plastique, se vendent quelques euros à quelques dizaines d'euros. Les marques françaises et européennes, comme Philips, Radiola, Grundig ou Schneider, en ont produit des quantités considérables.
Quelques modèles sortent du lot par leur design. Le Braun T3, petit récepteur de poche dessiné par Dieter Rams en 1958, et d'autres créations de la marque allemande de cette époque sont recherchés par les amateurs de design. Les premiers transistors américains et japonais des années 1950, rares en France, intéressent aussi des collectionneurs spécialisés.
Un transistor complet, avec sa housse en cuir, sa notice et sans traces de piles coulées dans le compartiment, se vend toujours mieux qu'un exemplaire nu.
Faire estimer une radio ancienne
Relevez la marque et le modèle, souvent indiqués sur une étiquette au dos ou sur le châssis, et regardez si les lampes sont présentes. Dépoussiérez la façade avec un chiffon sec, sans produit sur les sérigraphies du cadran, qui s'effacent facilement.
Les radios anciennes se retrouvent souvent avec des disques, des électrophones ou des appareils photo. À domicile, et sans frais, nous examinons l'ensemble, des postes aux vinyles de collection, et vous remettons une offre claire, objet par objet. Les postes qui n'ont qu'une valeur d'usage peuvent être repris dans un débarras avec rachat.
Les erreurs qui font perdre de la valeur
- Brancher un poste à lampes ancien pour le testerOn risque de détruire le transformateur et de transformer un objet de collection en pièce détachée.
- Nettoyer le cadran en verre à l'eau ou au produit vitreLes noms de stations sérigraphiés s'effacent souvent au premier passage.
- Retirer et jeter les lampes jugées « mortes »Même usées, les lampes d'origine font partie de la valeur du poste.
- Laisser des piles dans un transistorEn coulant, elles rongent les contacts et le circuit, et font perdre l'essentiel de l'intérêt de l'appareil.
Les questions qu'on nous pose
Comment savoir de quelle année date mon poste de radio ?
Cherchez la marque et le modèle sur l'étiquette au dos ou sur le châssis : des bases de données de collectionneurs permettent souvent de retrouver l'année de sortie. Le style aide aussi : lampes apparentes pour les années 1920, coffret en ogive pour le début des années 1930, grand cadran vitré à stations pour l'après-guerre.
Un poste de radio ancien qui ne fonctionne pas a-t-il de la valeur ?
Oui, la plupart des postes à lampes anciens ne fonctionnent plus sans révision, et les collectionneurs le savent. La valeur tient surtout au modèle, au design, à l'état du coffret et à la présence des pièces d'origine.
Les radios en Bakélite valent-elles cher ?
Les modèles bruns courants se vendent modestement, souvent moins de 100 €. Les couleurs claires ou vives et les formes très dessinées sont beaucoup plus recherchées et peuvent atteindre quelques centaines d'euros en bon état, sans fissure.
Faut-il restaurer une radio avant de la vendre ?
Non. Une restauration électronique sérieuse coûte cher et ne se rentabilise que sur les modèles recherchés. Mieux vaut vendre le poste dans son jus et laisser l'acheteur choisir son restaurateur.
Que valent les anciennes lampes de radio seules ?
Cela dépend du type : certaines lampes de TSF des années 1920 et certaines lampes recherchées par les amateurs d'amplificateurs se vendent bien, d'autres valent peu. Une boîte de lampes mérite d'être montrée lors de l'expertise plutôt que jetée.