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Meuble Louis XIII : époque ou style, quelle valeur ?

Pieds tournés en chapelet, entretoises, chêne sombre : la salle à manger « Louis XIII » est l'un des ensembles les plus fréquents dans les maisons françaises. Presque toujours, il s'agit d'un meuble de style fabriqué entre la fin du XIXe siècle et les années 1950. Le Louis XIII d'époque, du XVIIe siècle, existe aussi, et il ne se confond pas quand on sait où regarder.

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En bref

Un meuble « Louis XIII » de salle à manger fabriqué au XXe siècle vaut très peu : de quelques euros à quelques dizaines d'euros la pièce, et un ensemble complet trouve difficilement preneur. Un meuble d'époque Louis XIII, c'est-à-dire du XVIIe siècle, est rare et relève du marché de la haute époque, où une belle table, un cabinet ou une suite de chaises en état d'origine peuvent valoir de plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros. La différence se lit dans les assemblages, les traces d'outils et l'usure.

Repères

Règne de Louis XIII1610-1643
Style d'époquepremière moitié du XVIIe siècle, jusque vers 1660
Style « Louis XIII » de sériefin XIXe siècle aux années 1950
Boischêne, noyer, parfois bois fruitiers
Tournagesbalustre, chapelet, bobine, torsade
Décors typiquespointes de diamant, moulures géométriques, entretoises
Marchéhaute époque pour l'ancien, très faible pour le style

Deux meubles très différents sous le même nom

Le style Louis XIII correspond au mobilier de la première moitié du XVIIe siècle. Il se caractérise par des piètements tournés (en balustre, en chapelet, en bobine, puis en torsade), des entretoises basses reliant les pieds, des panneaux moulurés ou sculptés en pointes de diamant, et des volumes massifs en chêne ou en noyer. Tables, chaises à haut dossier garni, buffets à deux corps, cabinets et coffres en sont les pièces caractéristiques.

À partir de la fin du XIXe siècle, et surtout entre les deux guerres, les fabricants ont repris ce vocabulaire pour produire des salles à manger complètes : buffet bas ou deux-corps, table à allonges sur pieds tournés, chaises à assise et dossier garnis de cuir ou de simili clouté, parfois une crédence. Ces ensembles se sont vendus en très grand nombre et équipent encore beaucoup de maisons de campagne.

Le vocabulaire est le même, tout le reste diffère : qualité du bois, assemblages, épaisseur des pièces, usure. C'est là qu'il faut regarder, car l'aspect général, surtout sous un vernis foncé, peut tromper un œil non averti.

Sept indices pour lire l'âge d'un meuble Louis XIII

Un meuble du XVIIe siècle a été fabriqué à la main, avec des outils manuels, puis utilisé pendant plus de trois siècles. Ces deux réalités laissent des traces qu'aucun vernis ne masque complètement.

Aucun indice pris isolément ne suffit, d'autant que des meubles anciens ont été restaurés et que des faussaires ont travaillé avec du bois ancien. C'est la convergence des signes qui permet de conclure.

  • Le tournage : exécuté sur un tour à perche ou à main, il présente de légères irrégularités d'un pied à l'autre, alors que les tournages industriels sont identiques au millimètre.
  • Les entretoises : sur une table ou une chaise ancienne, le dessus des barres basses est usé, arrondi, parfois creusé par des générations de pieds posés dessus.
  • Les chevilles : taillées à la main, de section irrégulière, elles dépassent souvent légèrement du bois, qui a travaillé autour d'elles.
  • Le plateau : épais, fait de larges planches ; un plateau rond ancien devient souvent légèrement ovale, car le bois se rétracte perpendiculairement à son fil.
  • Les traces d'outils : sous les plateaux et à l'intérieur, on voit des ondulations de rabot, des traits de scie droits et irréguliers, jamais les arcs réguliers de la scie circulaire.
  • La patine : plus claire et sèche sur les parties cachées, plus sombre et lustrée là où passent les mains ; un ton uniforme partout est suspect.
  • Les trous de vers : sur un bois ancien retaillé, les galeries apparaissent ouvertes en surface, coupées par l'outil, ce qui trahit un remploi.

La cote des tables, chaises et buffets selon leur âge

Pour le mobilier de style, le constat est net : les salles à manger Louis XIII du XXe siècle comptent parmi les meubles les plus difficiles à vendre en France. Abondance, couleur sombre et poids les ont rendues invendables dans beaucoup de ventes, où elles partent pour quelques euros ou ne partent pas.

Le mobilier d'époque relève d'un tout autre marché, celui de la haute époque, qui réunit des collectionneurs et des marchands spécialisés. Les prix y dépendent de l'état d'origine, des restaurations, de la qualité du tournage et de la provenance. Une table ou un cabinet du XVIIe siècle en bel état intéresse toujours ces amateurs.

PièceStyle, XXe siècleÉpoque, XVIIe siècle
Table à pieds tournésquelques dizaines d'euros au mieuxplusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros
Chaise à dossier garniquelques euros à quelques dizaines d'eurosquelques centaines d'euros, davantage en suite
Buffet bas ou deux-corpssouvent invendableun à plusieurs milliers d'euros pour un bel exemplaire
Coffrequelques dizaines d'eurosquelques centaines à quelques milliers d'euros
Salle à manger complèterarement plus de quelques centaines d'eurosne se rencontre pas : la salle à manger assortie est une idée du XIXe siècle

Entre les deux : le Louis XIII rustique du XIXe siècle

Il existe une catégorie intermédiaire, que l'on rencontre dans les fermes de Bourgogne comme de Brie : des tables, coffres ou buffets fabriqués au XIXe siècle par des menuisiers de village, dans un esprit Louis XIII, en chêne ou en noyer massif. Ils sont faits à la main, robustes, joliment patinés, sans être des meubles d'époque.

Leur valeur dépend surtout de leur utilité. Une grande table de ferme en chêne massif à pieds tournés se vend mieux qu'un buffet du même âge, parce qu'elle sert tous les jours. Le sujet est développé dans notre guide sur la valeur d'une table de ferme.

Les chaises de cette veine populaire, paillées ou à assise de bois, ont leur propre marché, modeste mais régulier, présenté dans notre page sur la valeur des chaises anciennes.

Avant de faire débarrasser une salle à manger Louis XIII

Premier réflexe : vérifier qu'aucun meuble ancien ne se cache dans l'ensemble. Il arrive qu'une table ou un coffre plus ancien ait été associé à une salle à manger de style, ou que des chaises anciennes aient été reléguées au grenier. Photographiez les dessous de plateau, les assemblages et les entretoises : ces images en disent plus qu'une vue d'ensemble.

Ensuite, soyez réaliste. Un buffet Louis XIII de style ne se vendra pas à un prix qui justifie un transport coûteux, et un ensemble complet est rarement repris par un marchand. Le don, la ressourcerie ou le débarras sont souvent les solutions les plus raisonnables, comme pour les salles à manger Henri II.

Lors d'une estimation gratuite à domicile dans le 77, le 89 ou le 21, nous regardons chaque pièce et vous disons franchement lesquelles ont une valeur marchande. Si une table, un coffre ou des chaises nous intéressent, l'offre est faite sur place, immédiatement.

Ne décapez jamais un meuble avant de l'avoir fait voir : sur une pièce ancienne, la patine fait partie de la preuve d'authenticité.

Les erreurs qui font perdre de la valeur

  1. Croire l'étiquette « Louis XIII »Elle désigne un style, pas une date. L'immense majorité des meubles ainsi nommés en vente datent du XXe siècle.
  2. Vernir ou teinter un meuble ancienUn vernis épais masque la patine et les traces d'outils qui prouvent l'ancienneté, et fait baisser la valeur.
  3. Séparer un meuble de ses piècesAllonges, clés, tablettes et traverses doivent rester ensemble ; une table sans ses allonges perd beaucoup de son intérêt.
  4. Oublier le grenierLes meubles anciens sont souvent ceux qu'on a relégués, justement parce qu'ils ne s'accordaient pas avec la salle à manger moderne de la famille.

Les questions qu'on nous pose

Comment savoir si ma table Louis XIII est ancienne ?

Regardez sous le plateau et sur les entretoises. Un plateau épais aux traces de rabot visibles, des chevilles taillées à la main, des tournages légèrement inégaux et des entretoises usées sur le dessus sont des signes d'ancienneté. Un dessous uniformément teinté, des vis et des tournages parfaitement réguliers indiquent une fabrication du XXe siècle.

Que vaut une salle à manger Louis XIII des années 1950 ?

Très peu, le plus souvent. Ces ensembles sont abondants et peu demandés : buffet, table et chaises trouvent rarement preneur au-delà de quelques centaines d'euros, souvent bien moins. Les chaises en bon état restent ce qui se vend le plus facilement.

Qu'appelle-t-on un pied tourné en chapelet ?

C'est un pied formé d'une succession de boules ou de perles, comme les grains d'un chapelet. On le trouve sur des meubles du XVIIe siècle, mais il a été repris de façon systématique par les fabricants de style Louis XIII du XXe siècle.

Peut-on repeindre une salle à manger Louis XIII ?

Sur un ensemble de style sans valeur marchande, la peinture est un choix de décoration qui ne détruit rien. Sur un meuble ancien, c'est une erreur grave : patine et traces d'outils disparaissent, et avec elles la possibilité de prouver son âge.

Qu'est-ce que la haute époque ?

C'est le terme employé par le marché de l'art pour le mobilier et les objets antérieurs au règne personnel de Louis XIV, du Moyen Âge au XVIIe siècle. Les meubles Louis XIII d'époque en font partie et intéressent des collectionneurs spécialisés.

Époque ou style ? Un examen sur place suffit souvent à trancher.

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